<p>Laurent Wauquiez, président du conseil régional Auvergne Rhône-Alpes (SDH/LPI)</p>
Le président de la Région Auvergne- Rhône-Alpes, qui était lundi en visite sur le chantier du Lyon-Turin, a déploréle retard qui pourrait s’accumuler dans la réalisation de cette ligne structurante.
Le président de la Région Auvergne- Rhône-Alpes, Laurent Wauquiez, était lundi en visite sur le chantier du Lyon-Turin. Celui-ci s’est clairement exprimé, au cours de ce déplacement, sur le rapport Duron mettant en cause ce projet ferroviaire entre la France et l’Italie. Selon l’élu, « c’est une entorse aux engagements de la France », affirmant en outre que « la Région ne peut pas accepter les conclusions de ce rapport ».
L’étude préconise notamment de repousser l’aménagement des voies d’accès françaises, de densifier l’axe Dijon-Modane et de temporiser l’aménagement du contournement ferroviaire de l’agglomération lyonnaise. Des points qui dérangent le président de la Région, qui fustige l’abandon de projets majeurs pour la région, et pour le territoire national. “Le projet du Lyon-Turin est d’un intérêt majeur pour la région Auvergne-Rhône-Alpes mais également pour la France et l’Europe. Du point de vue des transports, de la qualité de l’air et de la sécurité, la réalisation des trois tronçons du Lyon-Turin répond clairement aux grands enjeux du XXIe siècle. Elle assurera le désenclavement des Alpes tout en répondant à l’urgence écologique liée à la pollution de l’air dans la vallée de l’Arve”, explique la Région dans son communiqué.
“Un terrible gâchis”
Pour Laurent Wauquiez, « l’Etat ne peut revenir sur ses engagements sans perdre sa crédibilité vis-à-vis de nos amis italiens et de nos partenaires européens ». Il faut en effet rappeler que l’Italie a accepté de mettre une part plus importante que la France dans le financement du tunnel et que l’Europe s’est également engagée financièrement en raison de la cohérence du projet.
Il déplore également le retard qui risque d’être accumulé, malgré les montants investis. « La France, l’Italie et l’Union européenne auront investi 8,3 milliards d’euros pour un tunnel qui devrait être livré en 2029. Avec le rapport Duron, il ne serait exploité côté français qu’à partir de 2038, c’est-à-dire qu’il serait sous-exploité pendant une dizaine d’années. Ce serait un terrible gâchis. Une région comme la nôtre a le droit à des infrastructures comme le Lyon-Turin », explique-t-il.
Il souligne en outre que l’alternative proposée, à savoir la modernisation de l’axe Dijon-Modane, serait inadaptée malgré un investissement conséquent , qui se monterait à 700 millions d’euros “sur une ligne structurellement inadaptée à un axe de fret massifié”. Pour Laurent Wauquiez, l’Etat doit adopter une position courageuse sur la réalisation des itinéraires d’accès au tunnel, et ne pas attendre 2030 pour densifier le fret ferroviaire alors même que le trafic routier explose.
Une “vision strictement parisienne du Gouvernement”
« Je dénonce le mauvais coup porté à la Région avec ce rapport Duron qui illustre la vision strictement parisienne du Gouvernement en matière d’aménagement du territoire et d’infrastructures de transport. Ce qui me gêne, c’est le double discours parisien qui fait mine de vouloir réformer le ferroviaire en France mais duquel ne sort aucun projet » a affirmé Laurent Wauquiez.
Il rappelle enfin le déséquilibre très important entre les investissements structurants abandonnés ou retardés en région - comme la liaison POCL, le contournement ferroviaire de Lyon ou l’A45 - et les futurs investissements liés au Grand Paris Express, un projet qu’il juge “faramineux” car chiffré à 25 milliards d’euros et comptant déjà un surcoût de 13 milliards d’euros. Or pour lui, plus qu’un projet régional comme le Grand Paris Express, « le Lyon-Turin est l’avenir du train en France et en Europe. Revenir dessus est une absurdité » conclut Laurent Wauquiez.
