Cette journée de mobilisation est organisée à l’initiative des personnels enseignants et administratifs de l’école nationale supérieure d’architecture de Lyon.
Les personnels enseignants et administratifs de l’école nationale supérieur d’architecture de Lyon (ENSAL) organisent ce jeudi une journée de grève et école morte, déplorant « des difficultés qui durent depuis bien trop longtemps », dont « le manque d’enseignants titulaires, trop d’enseignants précaires et des locaux trop exigus pour accueillir convenablement un millier d’étudiants dans une école d’architecture digne de la deuxième métropole de France ».
Un manque d’effectifs déploré
Les personnels enseignants et administratifs ont alerté leur ministère de tutelle, et une délégation du conseil d’administration de l’ENSAL doit être reçue au ministère de la Culture ce jour à 15h30. En cas d’échec des discussions avec celui-ci, l’ENSAL « serait dans l’impossibilité d’assurer ses missions dès la rentrée de septembre. Son développement, voire son existence, serait alors gravement menacé » indiquent les personnels enseignants et administratifs dans un communiqué.
« Le Ministère de la Culture, dont dépend l’ENSAL, a engagé pour les 20 écoles d’architecture une réforme afin d’atteindre les standards de l’enseignement supérieur français. Les décrets ont été signés en février 2018. Or l’école d’architecture de Lyon est une des plus mal dotées en enseignants titulaires. Pour parvenir à l’objectif de 80% d’enseignants titulaires auquel s’est engagé le ministère en avril 2017 alors que se dessinait la réforme, l’ENSAL doit se voir attribuer 29 nouveaux postes d’enseignants titulaires, soit le double de l’effectif actuel ! », indiquent-ils dans un communiqué.
L’ENSAL avait demandé, pour pouvoir mettre en oeuvre cette réforme, la création de 7 postes d’enseignants sous contrat dit “associés” dès la rentrée 2018, pour amortir ce “choc de croissance”. Cette demande, formulée en décembre 2017, a été récemment éconduite « Cette information met l’avenir de l’école d’architecture de Lyon dans une impasse totale », s’alarment les personnels et enseignants.
Selon eux, l’ENSAL est sous-dimensionnée depuis les années 1990 par rapport à la taille de l’agglomération et au nombre d’étudiants qu’elle accueille. « Ses bâtiments ont été conçus pour 400 étudiants, alors que les effectifs atteignent 1000 étudiants aujourd’hui. Et pour ces 1000 étudiants, seuls 29 enseignants sont titulaires, soit 35% de l’ensemble du corps enseignant. La commission de sécurité n’autorise que la présence simultanée de 600 personnes exceptionnellement. Avec une capacité de 110 places, le seul amphithéâtre de l’ENSAL détermine le nombre maximum d’étudiants par promotion… alors que cette année encore, 2800 candidats ont demandé à intégrer l’école d’architecture de Lyon. Cette contrainte oblige à répartir les enseignements du lundi au samedi, de 8h00 à 20h00», précisent-ils.
Une école pourtant inventive
Ils mettent en avant que face aux défis, l’ENSAL a su développer des partenariats, des doubles cursus, des formations alternatives. La formation professionnelle continue (FPC) est ainsi ouverte tous les ans à des professionnels souhaitant devenir architecte. « Le double diplôme architecte + ingénieur est le plus ancien de France. Le double diplôme architecte-urbanisme ouvert il y a deux ans, est déjà saturé ! Tout comme la formation post-diplôme HMNOP (habilitation à exercer la maîtrise d'œuvre en son nom propre), qui attire des étudiants-stagiaires de toute la France (110 étudiants, soit la limite imposée par la taille de l’amphithéâtre !) », déplorent-ils.
« L’ENSAL a souvent été pionnière en France dans l’invention de ces nouvelles formations qui répondent aux demandes des milieux professionnels. La pauvreté et la volonté nous rendent inventifs, mais nous nous heurtons désormais à des réalités et des contraintes insurmontables !L’évolution des formations en architecture, c’est aussi la recherche et le doctorat en architecture. L’ENSAL s’est engagée dans le développement de la recherche au travers de ses deux laboratoires irriguant toute son offre de formation L’articulation entre recherche et pratique de l’architecture a permis de dynamiser les études, de former des étudiants à l’invention de leur métier de demain. Des partenariats locaux, nationaux et internationaux ont été développés en avance sur les moyens promis par notre tutelle, moyens qui sont très largement insuffisants », indiquent les personnels et enseignants.
Absence d’évolution des moyens
« Si l’ENSAL a engagé depuis plusieurs années des transformations importantes pour répondre aux défis du XXIème siècle, elle se confronte donc, maintenant, à l’absence d’évolution des moyens qui lui sont alloués par sa tutelle. Dynamique et de résonance européenne, la métropole de Lyon, deuxième de France, ne peut pas se contenter d’une école qui ne retient que 3,5% des candidats qui souhaitent l’intégrer ! », soulignent-ils.
« Récemment, l’école a proposé des solutions innovantes et très économiques pour répondre à cette demande, notamment de nouveaux bâtiments, mutualisés pour diminuer les coûts. L’un se trouve à Vaulx-en-Velin pour bénéficier d’un deuxième amphithéâtre qui est à l’étude, et l’autre se situe sur le campus de la Doua en partenariat avec notre récent associé, l’INSA de Lyon. Ce dernier projet, qui nécessite 6 millions d’euros d’engagement, dont une petite part du Ministère de la Culture, est en attente de confirmation du seul côté de ce Ministère. Après plusieurs tentatives d’extension depuis 30 ans, cette solution pourtant très économique et qui obligera encore l’école à jongler dans son fonctionnement, n’emporte même pas la décision positive de la tutelle ! Les enseignants de l’École Nationale Supérieure d’Architecture de Lyon (ENSAL) demandent au Ministère de la Culture de respecter ses engagements », concluent les personnels enseignants et administratifs de l’ENSAL.
