<p>Patrick Liébus (SDH/LPI)</p>
La CAPEB a dans un communiqué indiqué accueillir favorablement les mesures d’apaisement annoncées par le Premier ministre et l’ouverture d’un dialogue constructif sur cette question.
Le Premier ministre, Edouard Philippe, a annoncé ce matin un moratoire gouvernemental de six mois sur la transition énergétique. Celui-ci a été accueilli favorablement par la confédération de l’artisanat et des petites entreprises du bâtiment (CAPEB). « Le secteur du bâtiment, qui s’était ému des « non-décisions » gouvernementales de la semaine dernière, accueille favorablement le moratoire annoncé par Edouard Philippe. Je souhaite que la suspension des augmentations fiscales contestées permette de réconcilier les forces vives de notre pays. Les entreprises du bâtiment approuvent par ailleurs les propos du Premier Ministre, qui fait appel aux acteurs économiques pour poursuivre la transition énergétique des logements. La CAPEB, ses représentants nationaux et locaux, participeront au grand débat et seront force de propositions en faveur du secteur », a indiqué dans un communiqué Patrick Liébus, président de la CAPEB.
Cette dernière, qui défend depuis plusieurs mois l’efficacité écologique et économique des dispositifs fiscaux, tel le CITE, auprès des pouvoirs publics, a accueilli favorablement le moratoire. Elle a salué « tout particulièrement la suspension de la suppression brutale du taux réduit de TICPE sur le gazole non routier pour les entreprises du bâtiment », une revendication portée depuis des semaines par la confédération. « L’ensemble du secteur espère que ces mesures d’apaisement s’accompagneront d’un retour au calme dans le pays. Les entreprises du bâtiment commençaient à subir une gêne d’approvisionnement dommageable pour leur activité et pour l’économie de proximité dans son ensemble », a souligné l’organisation.
La CAPEB prête à participer au grand débat national
Son président se dit d’ailleurs prêt à participer dans les six mois à venir au grand débat national que le Premier ministre appelle de ses vœux, ainsi qu’à la consultation de la filière pour accélérer la transition énergétique que les ministres concernés vont solliciter avant la fin de l’année. Pour la confédération, le moratoire est certes une bonne nouvelle, mais le Gouvernement doit désormais s’engager durablement et prendre des mesures constructives. « L’une des premières étapes est de ‘réussir’ la nouvelle version du CITE : le dispositif d’aides aux travaux, que ce soit sous la forme de prime ou de crédit d’impôt, doit être élargi aux fenêtres et ainsi sanctuarisé », a indiqué la confédération.
Pour Patrick Liébus, « l’urgence à agir pour la transition énergétique dans le bâtiment est triple. Elle est écologique bien sûr, car nous devons sans délais réduire drastiquement l’impact carbone du chauffage sur la planète. Elle est économique aussi, car les entreprises qui sont en première ligne pour réaliser les travaux de performance énergétique sont aussi au cœur de la croissance verte. Enfin, l’urgence est sociale : nous devons en finir au plus vite avec les passoires thermiques pour résoudre le drame de la précarité énergétique qui touche près de 7 millions de Français ».
Un moratoire également salué par la FFB
La décision du Premier ministre de suspendre pour six mois la hausse de la fiscalité sur le carburant et la mesure sur le GNR (gasoil non routier) a également été salué par la fédération française du bâtiment, qui indique que «le gouvernement a ainsi apporté une réponse de bon sens, de nature à ramener l’apaisement et la sérénité sur le territoire». Le projet de loi de finances pour 2019 prévoyait pour les entreprises de construction l’abrogation de la possibilité de recourir au GNR, ce qui se serait traduit par «une hausse brutale de 500 millions d’euros de la fiscalité supporté par les entreprises».
Pour Jacques Chanut, le président de la fédération, «la FFB salue la décision raisonnable du gouvernement et se tient à sa disposition afin que la courte période de moratoire soit mise à profit pour trouver une voie de sortie supportable par les entreprises et le budget de l’État, au profit de la transition écologique».
