<p>(SDH/LPI)</p>
La construction bois permet d’améliorer le bilan carbone des opérations, et d'offrir un meilleur réemploi des ressources.
Avec la mise en œuvre du label préfigurateur « E+C- » et la nécessité de travailler sur l’ensemble de la chaine, l’utilisation du bois va sans aucun doute être promue. Le label réglementaire « bâtiment biosourcé » décrit dans le code de la construction et de l’habitation, cible, lui, l’utilisation de la ressource. Il s’adresse à tout maître d’ouvrage de bâtiments non résidentiel, public ou privé neufs. Il peut valoriser les performances environnementales de plusieurs typologies de bâtiments. Parmi les matières biosourcées, on trouve le chanvre, la paille, la plume, la laine de mouton, mais aussi le bois et ses dérivés.
Un bon bilan carbone pour le bois
Car le bois dispose, de fait, d’un bon bilan carbone et représente ainsi une solution en construction durable et renouvelable. Thierry Varachaud, ingénieur bois construction au FCBA, qui intervenait début novembre au cours de la conférence de lancement de l’évènement : « le bois dans la vi(ll)e », avait à listé à cette occasion les avantages de l’utilisation du bois dans la construction. « Le bois a deux atouts dans la lutte contre changement climatique : tout d’abord le stockage. L’arbre durant sa croissance va capter du carbone pour fabriquer du bois. Ensuite ce bois, si on l’utilise sans le détruire, va permettre de piéger du carbone durant plus d’une centaine d’années, si l’on considère la vie de l’arbre, plus la durée d’utilisation du matériau. C’est autant de carbone qui ne sera pas dans l’atmosphère. »
Un autre effet est moins connu, à savoir l’effet substitution, qui intervient lorsque l’on va utiliser du bois à la place d’un matériau qui aurait des émissions de gaz à effet de serre supérieures. « La différence rentre dans le calcul et donne un atout supplémentaire à l’utilisation du bois. Une étude menée au niveau européen en 2016 estimait entre 1,5 et 3,5 tonnes de CO2 par tonne de bois uniquement sur l’effet substitution. L’effet substitution a un impact important sur les critères d’émission de gaz à effet de serre du label E+C-. Sur une étude datant de 2015, on estimait à 2,5 mégatonnes de CO2 par an stockées dans le bois pour un effet de substitution estimé à 34 mégatonnes de CO2 par an, sachant que la séquestration de CO2 dans la biomasse est estimée à 96 mégatonnes de CO2 par an. Cela veut dire que l’on a de la marge et que l’on a tout intérêt à consommer du bois », affirme le spécialiste.
Le réemploi du bois, enjeu et atout majeur de la filière
En fin de vie d’un ouvrage, la construction bois dispose également de sérieux atouts. «A Paris, la durée de vie d’un bâtiment tertiaire, c’est 37 ans. Est-ce que ce n’est pas complètement ridicule, en termes de consommation d’énergie, de construire et détruire des bâtiments tous les 37 ans parce que les besoins évoluent. Aujourd’hui, comme on ne paye pas le vrai cout du recyclage et de la déconstruction, il est moins cher de casser un immeuble qui était construit pour durer 100 et on le remplace… », note Laurent Clère, gérant d’Arborescence, bureau s’études spécialisé dans l’ingénierie des structures bois.
Il remarque en outre que « la construction d’immeuble de plus en plus haut implique l’utilisation de matériau en quantité plus grande. Les bâtiments qui font jusqu’à R+16, comme celui qui va être construit à la Confluence, nécessite d’employer le bois dans des quantités importantes ». Des sections importantes, comme des épaisseurs de panneaux CLT, des sections de poteaux et de poutres, seront réutilisées à la fin de la durée de vie de l’ouvrage, laquelle est calculée sur une durée de vie de 100 ans. « Si on a, un jour, à le démonter, cette quantité de matière sera la matière première pour d’autres usages. La filière bois, c’est une multitude d’utilisation qui va jusqu’à la chimie du bois ».
Certaines pièces pourront servir à d’autres usages. « Dans 50 ans, quand ce type d’ouvrage sera démonté, vous aurez un poteau de 5 mètres de hauteur de rez-de-chaussée qui fait 50 cm par 50 cm. Ce poteau sera réinjecté dans la filière bois pour faire de la petite structure, de l’ameublement.»
