<p>Patrick Liébus (SDH/LPI)</p>
La confédération des petites entreprises du bâtiment a indiqué lundi comprendre le mécontentement des entreprises de travaux publics, mais déplore dans le même temps les blocages.
La CAPEB comprend le mécontentement des entreprises de travaux publics mais se désole dans le même temps des blocages « qui pénalisent l’ensemble des entreprises », a indiqué la confédération dans un communiqué lundi.
En juin dernier, celle-ci avait, suite à la déclaration de politique générale du Premier ministre, fait valoir son opposition aux mesures annoncées. Elle avait alors alerté le Gouvernement « sur le fort mécontentement des entreprises de proximité que sont les entreprises artisanales du bâtiment et des travaux publics ». Depuis cette date, les entreprises concernées se sont mobilisées en diverses régions pour des journées d’action qui se prolongent dans toute la France.
Les entreprises artisanales du bâtiment et des travaux publics « ont fait valoir à nouveau leur opposition à la suppression de l’exonération de la TCIPE dont elles bénéficient pour l’achat de leur gazole non routier. L’application différée n’est pas de nature à rassurer ces entreprises, l’étalement de la mesure de suppression sur 18 mois n’est pas suffisant pour que ces entreprises s’organisent et absorbent, dans le temps, l’impact financier sur leur activité », indique la CAPEB.
Un combat en faveur des énergies propres au détriment du secteur artisanal ?
Alors même qu’elles sont touchées plus que les autres par cette suppression fiscale, la confédération souligne que ces petites entreprises « sont toujours dans l’attente d’un plan d’accompagnement leur permettant de mieux gérer la transition de leurs flottes d’utilitaires vers des véhicules utilisant des énergies renouvelables ». Pour elle, le délai devrait être suffisamment long (10 ans) pour permettre le développement de ces moyens alternatifs qui aujourd’hui n’existent tout simplement pas.
Et « s’il s’agit d’une mesure environnementale (ce dont nous doutons), la CAPEB aurait préféré qu’un principe d’équité prévale et réponde simplement à l’adage ‘mêmes droits, mêmes devoirs, mêmes chantiers, mêmes taxes’ ».
Le président de la CAPEB, Patrick Liébus, déplore que le légitime combat mené par le Premier Ministre en faveur des énergies propres se fasse au détriment du secteur artisanal dont l’activité exercée sur l’ensemble du territoire national contribue très largement au maintien de la cohésion sociale et économique du pays. Selon lui, « taxer à nouveau ces entreprises de proximité conduira à la destruction d’emplois et, par conséquent, à l’abandon de l’apprentissage dans ces secteurs ».
« Cette très mauvaise mesure fiscale entraîne de bien mauvais mouvements de blocage sur le terrain, dont nous déplorons les effets sur l’ensemble des entreprises. Nous aurions préféré que le Gouvernement ouvre un dialogue constructif avec le secteur ce qui aurait pu éviter cette situation. », conclut-il.
