<p>(SDH/LPI)</p>
Emprunt Direct décrit un marché immobilier paralysé depuis le confinement, ce qui a un impact sur le marché du crédit à l’habitat.
Emprunt Direct a publié comme chaque mois son baromètre portant sur les taux de crédit immobilier. Depuis début 2020, ces derniers étaient orientés à la hausse en Auvergne-Rhône-Alpes au vu des barèmes communiqués par les établissements. L’augmentation était toutefois d’une amplitude plus ou moins forte suivant la qualité du profil de l’emprunteur, phénomène qui s’explique par les récentes recommandations du Haut Conseil de stabilité financière, lesquelles avaient eu en janvier-février des conséquences importantes sur les processus d’acceptation de prêts de la part des banques. « Cette période avait notamment été marquée par un agrandissement de l’écart des conditions appliquées entre les meilleurs profils et les moins qualitatifs », note l’intermédiaire.
Mais depuis le confinement intervenu mi-mars, l’heure est désormais à l’attentisme sur les marchés immobiliers, avec la fermeture des agences et des études notariales. « La situation a eu un impact direct sur le marché du crédit à l’habitat, une grande majorité des banques ne souhaitant plus recevoir de nouveaux dossiers. Il faut dire que les établissements financiers se concentrent essentiellement, dans un contexte d’effectifs réduits affectant leur organisation, sur un autre segment de leur activité, le financement des entreprises », explique Emprunt Direct.
Taux stables dans un marché paralysé
Les taux de crédit n’ont, du fait de la paralysie du marché, pas bougé d’un mois sur l’autre. « Le confinement a marqué un coup d’arrêt brutal sur le marché de la transaction, ce qui a un impact lourd sur le secteur du crédit immobilier, consécutivement à un début d’année marqué par une plus forte sélectivité émanant des banques. La fermeture des agences immobilières et des études notariales gèle le marché de la transaction, et ce en dépit de la mise en place de solutions numériques qui peuvent permettre de réaliser à la marge certaines transactions déjà en cours », indique Alban Lacondemine, président fondateur d’Emprunt Direct.
Côté taux, les pressions à la hausse et à la baisse se confrontent, avec une Banque centrale européenne qui a lancé il y a quelques jours un nouveau programme d'achats d'actifs de 750 milliards d'euros. Ceci a quelque peu calmé certaines tensions apparues après les propos de Christine Lagarde, présidente de l’institution, qui avait déclaré que l’institut d’émission n’était pas là pour « fermer les écarts » de rémunération entre les obligations d'État des pays de la zone euro.
Un impact en termes de pouvoir d’achat immobilier à Lyon
Toutefois, l’augmentation massive du volume de dette a selon le courtier un impact sur la perception du coût du risque. « Dans les quelques banques acceptant toujours des dossiers, certains établissements ont, il y a quelques jours, annoncé des taux en hausse pour avril. Lorsque le marché repartira, le crédit à l’habitat pourrait reprendre avec des taux appliqués a minima identiques à ceux d’avant crise, voire même plus élevés. Ceci amoindrirait de fait le pouvoir d’achat immobilier », table-t-il.
Dans ces conditions, les emprunteurs ne pourront plus compter sur une baisse importante des taux pour augmenter leur pouvoir d’achat. « L’impact sur le marché sera variable suivant le temps de confinement et les conséquences induites sur l’économie, et donc sur les revenus des ménages. Mais sans possibilité de gain de pouvoir d’achat immobilier via des taux qui restent très bas, l’épisode pourrait, aux prix d’avant la crise, amoindrir les capacités d’achat des ménages et notamment à Lyon ou Grenoble », conclut Emprunt Direct.
