<p>(SDH/LPI)</p>
Pour les branches régionales de la FFB, de la CAPEB, et la fédération Auvergne-Rhône-Alpes des travaux publics, il est essentiel de lever les derniers freins logistiques et administratifs à la reprise.
Quelques jours après le confinement opéré à la mi-mars, un débat avait éclos entre la ministre du travail et les acteurs du BTP, sur la manière de reprendre les chantiers. Ceci avait conduit le secteur à penser cette reprise sur le front sanitaire et à s'organiser pour faire face à la crise sanitaire, en s'appuyant sur la circulaire ministérielle du 4 avril dernier et sur le guide de l'OPPBTP. Ce dernier a notamment permis de mettre au point les protocoles sanitaires nécessaires à la réouverture en sécurité des chantiers et la concertation entre la maitrise d'ouvrage, la maitrise d'œuvre et les entreprises pour permettre de relancer progressivement l'activité.
Les principales fédérations – FFB Auvergne-Rhône-Alpes, CAPEB Auvergne-Rhône-Alpes, et FRTP Auvergne-Rhône-Alpes – notent qu’en région, les chantiers reprennent progressivement. Mais selon elles, il est désormais essentiel, avec l'ensemble de la filière, « de lever les derniers freins logistiques et de rechercher ensemble les solutions économiques favorables à une reprise plus durable ».
Divers freins sur l'approvisionnement
Du côté des freins, l'approvisionnement en masques demeure, d'un point de vue logistique, encore problématique même si la situation s'améliore grâce à la mobilisation de l'outil de production local et à des initiatives comme celle de la Région Auvergne-Rhône-Alpes, qui a réalisé une dotation de 100.000 masques destinée aux entreprises du BTP de moins de 20 salariés. Pour cette initiative, ceux-ci seront distribués dans les fédérations départementales du BTP, les CAPEB départementales et la fédération régionale des travaux publics.
Mais outre ce premier frein, l'approvisionnement, les raccordements provisoires de chantiers, l'ouverture des déchetteries « restent également des points sur lesquels la filière se mobilise ».
Renforcer la solidarité
Les trois structures fédérales appellent également « à la solidarité de la maitrise d'ouvrage pour faire face aux surcoûts de chantiers liés aux nouvelles contraintes imposées par la crise sanitaire ». « Devant être chiffrées au cas par cas, ces augmentations correspondant au respect des nouvelles préconisations sanitaires et à la réorganisation des chantiers (distanciation sociale, nettoyage des bases vie, achat de masques, de gants, rotations des camionnettes et VUL, mobilisation supplémentaire de personnels, prolongation des frais financiers, baisse de la productivité, etc.). Les entreprises ne pourront pas les absorber seules. Il est indispensable de renforcer cette solidarité, dont font preuve nombre de maitres d'ouvrage depuis la période de confinement, à l'image notamment de la Région Auvergne-Rhône-Alpes qui a annoncé une enveloppe de 15 millions d'euros dédiée aux surcoûts sanitaires de ses chantiers en cours », notent la FRTP, la CAPEB AURA et la FFB AURA.
Freins administratifs
Ces dernières citent également des freins administratifs, dont « deux modifications de l'ordonnance qui prévoyait un gel des autorisations d'urbanisme à l'issue de la période de confinement ont été obtenues ; mais cette évolution demeurerait insuffisante si aucune consigne n'était donnée aux services instructeurs en vue d'accélérer les délais d'instruction ».
Ils souhaitent également la levée des arrêtés municipaux interdisant les travaux pendant la période de confinement, comme il en est apparu dans la région, et appellent au soutien des EPCI et des collectivités et à la bienveillance des citoyens, pour éviter un retard qui pénaliserait la reprise d'activité et l'emploi local. Les fédérations craignent un essoufflement de la commande publique locale, ce qui « pourrait se produire au plus mauvais moment ». Pour elle, il est nécessaire de lancer de nouveaux projets afin d’éviter un « trou d'air », dès la fin de l'été, ce qui pourrait être négatif sur la santé économique de la filière.
De ce fait, les organisations professionnelles souhaitent que dans les communes qui éliront l'ensemble de leurs conseillers municipaux, l'installation et le fonctionnement des nouveaux conseils puissent très rapidement être engagés, pour permettre des décisions de travaux, nécessaires aux équipements publics. Dans le même objectif, une réflexion doit rapidement s'ouvrir sur le soutien de l'Etat à l'investissement des collectivités locales.
Du côté du secteur privé, les organisations professionnelles demandent de plus aux particuliers qui ne sont pas à risques et aux entreprises d'ouvrir leur porte aux artisans et entreprises du BTP, pour qu'ils terminent les travaux initiés ou qu'ils en engagent d'autres.
