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La fédération a fait état en fin de semaine dernière de sa dernière note de conjoncture.
La FNAIM a fait part en fin de semaine dernière de sa dernière note de conjoncture. Selon la fédération de l’immobilier, « la confiance des ménages, indicateur très lié au dynamisme du marché du logement, a pâti de la crise sanitaire, mais ne s’est pas effondrée. A 94 points en août 2020, l’indicateur de l’INSEE se maintient en-dessous de sa moyenne de long terme (100 points) mais au-dessus du précédent point bas atteint en décembre 2018 au plus fort de la crise des « gilets jaunes » (88 points) ».
Les ménages demeurent toutefois inquiets sur les perspectives d’évolution du chômage, 830.000 demandeurs d’emplois supplémentaires ayant été comptabilisés au 2e trimestre d’après Pôle emploi et la DARES, soit un total de 4,4 millions de demandeurs d’emploi de catégorie A. « L’impact sur le marché immobilier sera différencié selon les territoires et les annonces locales de réductions d’emplois », note la FNAIM.
L’organisation note que l’impact sur le marché sera fonction de l’évolution de l’épidémie, mais que le confinement se sera traduit par un impact sur les prix. « Mais malgré le rebond des ventes (on ne peut pas encore parler de reprise) depuis la fin du confinement, le nombre de ventes s’inscrira en baisse sur l’année 2020 », note la fédération. Celle-ci juge « périlleux de faire des prévisions chiffrées sur l’impact futur de cette crise inédite sur les prix des logements ».
Impact mesuré sur les prix
Quant à l’impact de la crise sur les prix, il « est à ce jour très mesuré ». La FNAIM n’observait pas de baisse des prix à m-août, mais seulement un ralentissement de la hausse, qui s’établissait à 0,8 % entre juillet-août et le deuxième trimestre. « Les acheteurs n’attendent pas une hypothétique baisse de prix pour revenir sur le marché, et l’offre de logements à vendre demeure à un faible niveau », constate la FNAIM, qui tempère toutefois immédiatement, en indiquant qu’avec la matérialisation des conséquences économiques et sociales de la crise, les prochains mois diront si cette tendance perdure. Elle juge par ailleurs possible une nouvelle dynamique en termes de territoires. « On pourrait par ailleurs assister à un rééquilibrage territorial, avec un dynamisme moindre qu’avant la crise dans les grandes agglomérations », affirme la fédération .
Selon les tendances découlant des premiers chiffres dévoilés par l’INSEE (1.009.000 transactions réalisées sur les 12 mois à fin juin, soit -60 000 sur 12 mois à fin février), « 150.000 ventes devraient alors avoir été perdues durant le confinement et ne seront pas rattrapées ». Avec un second semestre attendu un peu moins dynamique que le second semestre 2019, le nombre de transactions pourrait donc baisser d’environ 20 à 25 % sur l’ensemble de l’année en cours.
Des taux de crédit à un niveau très bas
La FNAIM souligne que les taux de crédit immobilier restent à un niveau très bas, et qu’ils devraient le rester d’ici la fin de l’année, ce qui constitue un facteur de soutien important du marché. Reste que les conditions d’octroi de crédit se sont durcies, notamment sous l’effet des recommandations du HCSF (Haut Conseil de Stabilité Financière) en vigueur depuis janvier (durée, taux d’effort, …), et que les taux de refus sont en augmentation et que les délais de traitement des dossiers s’allongent.
La fédération indique que malgré un marché de l’emploi en souffrance et des conditions de crédits durcies, le marché du logement fait preuve de résilience. « Le niveau très bas des taux d’intérêt constitue toujours un puissant soutien au marché, la confiance des ménages résiste plutôt mieux qu’initialement prévu et le logement profite plus que jamais de son statut de valeur refuge. À ce stade, et même s’il faut rester prudent, les prix semblent tendre vers la stabilité alors que de nombreux suiveurs du marché anticipaient une baisse marquée. Les transactions perdues à cause du confinement ne seront toutefois pas rattrapées ».
Trois grandes tendances
Selon la FNAIM, la crise de la Covid a fait fait évoluer le marché. Pour elle, trois grandes tendances se dégagent : un regain d’intérêt à l'égard des résidences secondaires (tout comme des maisons et de manière générale des biens avec des espaces extérieurs), des changements d’affectation de logement de type Airbnb au profit de la location classique, mais aussi une hausse du nombre d’étudiants recherchant un logement en cette rentrée 2020, certains préférant prolonger leurs études face aux difficultés d’accès à l’emploi.
