<p>(SDH/LPI)</p>
Les heures travaillées sur les chantiers de bâtiment et travaux publics restent bien en deçà des niveaux de 2019 à la même période, malgré un rebond par rapport à la période de confinement.
L’activité du secteur de la construction a connu un rebond significatif au troisième trimestre, selon les données publiées ce jeudi par le ministère de la Transition écologique. Elle n’en pour autant pas retrouvé les niveaux de 2019 : les heures travaillées sur les chantiers BTP restent en effet en net recul sur un an, avec un net recul de 5,2%.
Dans le détail, on soulignera que cette chute en glissement annuel est moins marquée sur les heures effectuées par les ouvriers permanents (- 2,7 %) que sur l’emploi intérimaire (- 19,3 %), qui a été très sévèrement touché par les effets de la crise sanitaire.
Le service des données et études statistiques (SDES) du ministère précise en outre que les effectifs des ouvriers permanents fléchissent de 2,9 % sur une année, suivant une proportion similaire à l’évolution du nombre d’heures travaillées correspondant. « Autrement dit, le nombre d’heures travaillées par ouvrier permanent se stabilise par rapport au troisième trimestre 2019 (- 0,2 %) », note-t-il.
Reprise des heures travaillées sur les chantiers
Le SDES note que la reprise d’activité amorcée en mai suite au déconfinement généralisé se confirme au troisième trimestre 2020 avec une progression importante des heures travaillées sur les chantiers du BTP par rapport au deuxième trimestre, avec une hausse de 18,3%. « Les secteurs du génie civil et de la construction de bâtiment, qui avaient été particulièrement affectés par l’arrêt brutal de l’activité, connaissent un rebond des heures travaillées plus marqué ce trimestre (respectivement + 38,4 % et + 25,6 %) que la construction de travaux spécialisés (+ 14,9 %) », précise ce service du ministère.
Cette reprise ne permet malgré tout pas d’inverser la tendance annuelle qui reste orientée à la baisse pour les heures travaillées des ouvriers de tous les secteurs de la construction, et en particulier pour les secteurs de la construction de bâtiments (- 5,5 %) et les travaux de construction spécialisés (- 5,6 %). Les heures travaillées du génie civil sont celles qui se rapprochent le plus de leur niveau d’avant crise (- 1,9 % par rapport à l’année dernière) sans toutefois permettre de rattraper la forte baisse subie à la fin du premier et du deuxième trimestre 2020.
L’emploi des ouvriers encore préservé
L’emploi des ouvriers permanents reste encore préservé au troisième trimestre, et ce malgré la crise sanitaire et son lourd impact sur l’activité du secteur. Ceci s’explique notamment par la mise en place du dispositif d’activité partielle, les préconisations en matière de sécurité sanitaire de l’organisme professionnel de prévention du bâtiment et des travaux publics (OPPBTP) et par la reprise de l’activité observée à partir de mai.
Les effectifs des ouvriers permanents du BTP affichent une légère progression, de l’ordre de 0,8% au troisième trimestre par rapport au trimestre précédent sur tous les secteurs de la construction et en particulier sur les chantiers du génie civil (+ 2,2 %).
Ce secteur, dont le contexte conjoncturel avant la crise sanitaire était favorable, est ainsi le seul pour lequel on peut observer une progression des embauches sur l’année, avec une hausse de 2,1%. « À l’inverse, le nombre d’ouvriers permanents de la construction de bâtiments et des travaux de construction spécialisés diminuent par rapport à la même époque l’année dernière (respectivement - 5,4 % et - 3,3 %), malgré une légère progression des embauches au troisième trimestre 2020 (respectivement + 0,8 % et + 0,6 % par rapport au deuxième trimestre 2020) », note le SDES.
Augmentation de la charge horaire des heures travaillées
Côté coût de la main d’oeuvre, la progression des heures effectuées au troisième trimestre par les ouvriers permanents du BTP suite au déconfinement (+ 15,1 %), entraîne l’augmentation de leur charge horaire (+ 14,3 %) par rapport au deuxième trimestre.
« Cette hausse est toutefois plus marquée sur les chantiers du génie civil (+ 32,5 %) pour lesquels les heures effectuées par les ouvriers permanents ont plus augmenté (+ 35,4 %) que sur les secteurs de la construction de bâtiments et des travaux de construction spécialisés (respectivement + 15% et + 12,6%) », conclut le SDES.
