<p>Gaël Perdriau (SDH/LPI)</p>
Le maire de Saint-Étienne demande au Premier ministre, face à l’émergence de violences urbaines, davantage de moyens pour l’inclusion des jeunes.
Le maire de Saint-Etienne, Gaël Perdriau, a fait part ce mardi d’un courrier au Premier ministre, Jean Castex. Dans ce courrier, il a rappelé que, lors du dernier comité interministériel à la ville, en janvier dernier, France Urbaine avait appelé à la réactualisation du pacte de Dijon, à l'aune de la crise sanitaire, économique et sociale.
Les quartiers prioritaires de la politique de la ville, déjà fragilisés, sont en effet fortement touchés par cette crise et ses conséquences depuis plus d’un an, avec à la clé une augmentation inédite des précarités. Comptant 5,4 millions de Français, le taux de pauvreté y est en effet de 42%, le taux de chômage de 22,5%, contre 8,2% au niveau national. Or le nombre de médiateurs est passé de plus de 20.000 en 2001 à 12.000 depuis 2017.
Face à cette situation, Gaël Perdriau, maire de Saint-Etienne et président de Saint-Etienne Métropole a écrit au premier Ministre pour solliciter l’instauration de dispositifs ciblés de formation et d’insertion pour les jeunes des quartiers prioritaires, regrettant au passage, au-delà des effets d'annonce, l’insuffisance des mesures gouvernementales.
« Les collectivités locales sont des acteurs majeurs en matière de développement économique et social urbain. Ainsi, il serait pertinent de les réunir aux cotés des acteurs associatifs, des acteurs de l’insertion et de la formation, ainsi que du monde économique local afin de proposer des formations adaptées permettant d'orienter ces jeunes vers des métiers sous tension ou porteurs d’emploi. Les besoins en termes de recrutements et de formations des entreprises se définissent au plus près des réalités économiques des territoires, et par conséquent des dispositifs nationaux en matière d’emploi se révèlent parfaitement inefficaces», note l’élu.
Une réactualisation du pacte de Dijon demandée
Le pacte de Dijon signé en juillet 2018 promouvait une refonte de la manière de construire et de mettre en œuvre les politiques de cohésion urbaine et sociale, partagées entre l’Etat et les collectivités. Il clarifiait les responsabilités des collectivités et de l’Etat, et appelait à une politique, non plus fragmentée par la juxtaposition de dispositifs spécifiques ou d’appels à projets, mais à une politique transversale, intégrée, et décloisonnée. Dans ce cadre, les collectivités territoriales engagent leurs responsabilités en matière de développement économique et d’emploi, de mobilités et d’habitat, tandis que l’action de l’Etat est attendue dans les domaines de l’éducation, de la santé et de la sécurité et justice.
La réactualisation du Pacte de Dijon n’étant possible que si les collectivités territoriales disposent de moyens suffisants, Gaël Perdriau expliquait, dès le mois d’avril dernier dans une tribune libre, la nécessité de créer un poste spécifique dans la comptabilité. « Les concours des collectivités, liées aux conséquences du COVID 19, seraient, tant au niveau de l'investissement que du fonctionnement, clairement isolées, budgétairement, dans une troisième section, appelée à disparaître aussi rapidement que possible, la lisibilité des documents financiers locaux n'en sera que plus grande pour les citoyens et les partenaires des collectivités. Cela pourrait passer par un principe simple : seules sont éligibles, au titre du fonctionnement, les dépenses ne générant aucune récurrence temporelle et celles découlant de l'investissement et de la gestion de la relance locale due à la crise sanitaire. Une telle évolution comptable ne peut s'entendre qu'en l'accompagnant d'une réflexion approfondie, débouchant sur des actions très concrètes, en matière de fiscalité et de maîtrise de l'imposition locale par les collectivités ce qui suppose aussi de définir un nouvel équilibre avec la fiscalité nationale ».
