Le gouvernement avait annoncé en cours de semaine dernière une augmentation pour les pompes à chaleur et chaudières biomasse.
Le Premier Ministre avait annoncé le 16 mars dernier un plan de Résilience. Celui-ci comprenait notamment plusieurs mesures impactant le remplacement des systèmes de chauffage dans l’habitat. L’objectif était d’accélérer la politique de réduction de la dépendance aux énergies fossiles.
Le gouvernement a ainsi annoncé une augmentation de 1.000€, à partir du 15 avril prochain et jusqu’à la fin de l’année 2022, de l’aide MaPrimeRénov’ pour l’installation d’un système de chauffage renouvelable de type pompes à chaleur (y compris hybrides) ou chaudières biomasse.
Celle-ci a toutefois été accueillie tièdement par la confédération des petites entreprises du bâtiment. Car ci celle-ci « est une mesure qui facialement est positive, la CAPEB considère, sauf évolution, que cette aide supplémentaire est en trompe-l’œil vis-à-vis du reste à charge pour les ménages les plus modestes ».
Cette mesure, aussi bénéfique soit-elle, intervient en effet, selon l’organisation, « dans un contexte où le dispositif des Certificats d’Economies d’Energie (CEE) est fortement impacté par un effet déflationniste en ce début de 5ème Période, dissuadant bon nombre d’obligés à porter à partir du 1er avril prochain les opérations Coup de Pouce Chauffage qui permettent de bonifier les travaux de remplacement d’une ancienne chaudière individuelle au charbon, au fioul ou au gaz par des systèmes fonctionnant aux énergies renouvelables (biomasse, solaire, thermodynamique) ». Et la CAPEB rappelle qu’à ce jour, aucun des grands obligés, à l’exception d’EDF, n’a décidé de porter l’offre « Coup de Pouce Chauffage ».
« Or, si l’aide Coup de Pouce Chauffage n’est pas mobilisable pour l’installation d’une pompe à chaleur à 12 000 €, le reste à charge pour les ménages les plus modestes s’élèvera, à compter du 1er avril prochain, à 7 000 € en intégrant l’augmentation de 1 000 €, et non 4 000 € comme aujourd’hui, ce qui inévitablement conduira les particuliers à se détourner de ce type de travaux. Aussi et afin que l’aide supplémentaire décidée par le Gouvernement soit efficace, la CAPEB considère que des mesures urgentes doivent être prises pour que les offres Coup de Pouce CEE restent attractives au vu du cours actuel des CEE sur le marché, pour pouvoir être portées par les acteurs du dispositif des CEE. Sans quoi, le secteur sera confronté à un arrêt brutal des travaux d’amélioration de la performance énergétique des logements. Avec à la clef un désintérêt des entreprises artisanales du bâtiment des dispositifs d’incitation.»
La CAPEB s’étonne en outre, en ce qui concerne le report de la suppression de l’aide MaPrimeRénov’ au 1er janvier 2023 pour l’installation de nouvelles chaudières au gaz, qu’une telle mesure n’ait pas été concertée avec les acteurs de la filière concernée.
La confédération rappelle, une nouvelle fois, qu’il est primordial de renforcer la visibilité des aides CEE et de MaPrimeRénov’, ce qui ne peut se faire qu’en assurant une meilleure stabilité de ces deux dispositifs essentiels.
