<p>(SdH/LPI)</p>
Ce montant, très important, s’avère toutefois être en repli de 3% par rapport à l’année 2021, qui avait constitué une année d’exception.
La production de crédit à l'habitat a encore reculé en décembre. Celle-ci s'est établie à 15 milliards d'euros, après 18,2 milliards d'euros en novembre. En 2022, la croissance des encours de crédit à l'habitat s'est élevée à 5,3%.
Sur l'année, la production hors renégociations atteint ainsi 218 milliards d'euros, en repli de 3% par rapport à 2021, année qui avait culminé à 225 milliards d'euros et qui constituait néanmoins une année hors normes pour le crédit à l'habitat.
2022 en deux phases
L'évolution de la production de crédit a connu deux phases en 2022, avec un premier semestre exceptionnellement dynamique bénéficiant de taux encore très bas, avec une production mensuelle moyenne de 19,7 milliards d'euros (contre 18,4 milliards d'euros en moyenne pour l'année 2021) et un second semestre de normalisation durant lequel la production mensuelle moyenne est redescendue à 16,7 milliards d'euros .
Surtout, la tendance baissière de la production semble se poursuivre en ce début d’année. Les premiers chiffres de production sur janvier 2023 font état d’une production encore plus restreinte qu’en décembre, à 14,4 milliards d’euros, dont 13 milliards d’euros de crédits à l'habitat hors renégociations (contre respectivement 15 et 14 milliards d’euros en décembre).
La production semble affectée par la poursuite de la remontée des taux d'intérêt qui ont, eux, poursuivi leur remontée progressive en décembre, avec un taux effectif (au sens étroit, dit TESE, c'est-à-dire hors frais et assurances) de 2,05 % en moyenne.
Forte baisse de la demande anticipée en zone euro
« Comparé aux autres grands pays de la zone euro qui voient tous un ralentissement et un renchérissement plus fort du crédit immobilier, celui-ci apparait en France le plus abondant et le moins cher d'Europe », souligne toutefois la Banque de France. L’enquête de janvier sur le crédit bancaire dans la zone euro publiée mercredi corrobore par ailleurs cette détérioration générale des perspectives du marché du logement, cette fois-ci en zone euro.
« La demande de prêts au logement a fortement diminué en raison de la hausse des taux d'intérêt, de la faible confiance des consommateurs et de la détérioration des perspectives du marché du logement», a indiqué la BCE dans son étude.
Selon cette enquête, concernant les prêts au logement accordés aux ménages et les crédits à la consommation et autres prêts aux ménages, les banques ont fait état d'un durcissement net important des critères d'octroi. Au premier trimestre 2023, « les banques de la zone euro s'attendent à un nouveau durcissement net des critères d'octroi tant pour les prêts au logement que pour les crédits à la consommation », note l’enquête.
« Pour les crédits à l'habitat et les crédits à la consommation, le net resserrement des conditions s'explique principalement par un élargissement des marges sur les crédits moyens et plus risqués », explique-t-elle. En zone euro, on notera également que « la baisse de la demande nette de prêts au logement a été la plus forte jamais enregistrée, tandis que la demande de crédits à la consommation et d'autres prêts aux ménages a également fortement diminué en termes nets, quoique dans une moindre mesure que pour les prêts au logement ».
Enquête sur le crédit bancaire en zone euro
La BCE n’est guère optimiste pour ce début d’année.
« La baisse nette de la demande de prêts au logement a été principalement due au niveau général des taux d'intérêt, à la baisse de confiance des consommateurs et à la détérioration des perspectives du marché du logement. Au premier trimestre 2023, les banques s'attendent à une nouvelle baisse nette de la demande de prêts aux entreprises. Pour les prêts aux ménages, les banques s'attendent à une forte baisse nette de la demande pour le premier trimestre 2023.»
Enquête sur le crédit bancaire en zone euro
