<p>(SDH/LPI)</p>
La confédération a proposé cette semaine au gouvernement une feuille de route de mesures « prêtes à l’emploi » afin de mettre un terme au déclin de l’activité des entreprises en rénovation.
L'activité en rénovation ralenti. C'est en substance le message qui a été répété cette semaine par la confédération des artisans et des petites entreprises du bâtiment (CAPEB), qui se base sur des chiffres décevants au cours du 1er trimestre 2023. «Comme le laissait présager l’année 2022, la croissance de l’activité de l’artisanat du bâtiment enregistre de nouveau un ralentissement pour le premier trimestre 2023 », note la CAPEB
« Les chiffres le confirment, trimestre après trimestre, la perte de vitesse qui s’est amorcée se poursuit dans la durée. En janvier dernier, nous demandions au Gouvernement de réagir en prenant des décisions fortes et ambitieuses pour mettre un terme à ce déclin. Décisions qui ne sont jamais venues. »
CAPEB
Toutefois, pour faire avancer des propositions, la CAPEB a soumis au gouvernement une « feuille de route de mesures prêtes à l’emploi » dans l’espoir qu’il en fasse sienne.
Un début d’année en recul
Dans la continuité de la baisse enclenchée début 2022Le mouvement de ralentissement de l’activité qui a débuté début 2022 s’est confirmée en ce premier trimestre 2023, et ce pour tous les segments d’activité.
« L’activité en entretien-amélioration permet néanmoins de maintenir une progression positive ce trimestre (+ 0,5 %) grâce au dynamisme enregistré par les travaux d’amélioration de la performance énergétique des logements (+ 2,0 %). Le constat est différent pour la construction neuve, qui voit son activité en volume stagner ce trimestre en comparaison avec la même période en 2022. »
Surtout, les perspectives en termes d’activité future se dégradent.
« Début avril, les carnets de commandes, qui conservaient jusqu’ici des niveaux élevés, sont en baisse et représentent désormais 87 jours de travail à venir, soit 9 jours de moins qu’au trimestre précédent et 16 jours de moins qu’il y a un an. Le volume le plus bas depuis janvier 2021. Ce constat est identique dans l’entretien-amélioration et le neuf, et ce dans l’intégralité des régions à l’exception de la Bretagne. »
CAPEB
La confédération fait toutefois état de « disparités selon les régions et les corps de métiers » en ce premier trimestre 2023. Selon la CAPEB, certaines régions enregistrent de bonnes performances, à l’instar de la Bretagne ou de la Nouvelle-Aquitaine, tandis que, dans d’autres, le volume d’activité recule pour la toute première fois depuis la crise sanitaire, comme en Normandie (-0,5%), Centre Val-de-Loire (-0,5%), ou dans les Hauts-de-France (-1 %).
Des différences sont constatées entre corps de métiers.
« La trajectoire de l’activité en aménagement décoration plâtrerie se redresse en glissement annuel par rapport au trimestre précédent, et les entreprises de couverture plomberie chauffage témoignent d’un ralentissement modéré (0,5 point) et d’une croissance meilleure que la moyenne. En revanche, les entreprises d’électricité sont particulièrement affectées et subissent une baisse d’activité. »
CAPEB
Perspectives négatives
Les entreprises artisanales du bâtiment semblent anticiper que le ralentissement engagé depuis plusieurs trimestres se poursuivra, du fait de coûts toujours élevés (hausse du SMIC, coûts de l’énergie, des matières premières, des matériaux et des équipements), et d’une inflation qui comprime le pouvoir d’achat des ménages avec un impact direct sur la baisse des demandes de travaux pour les artisans. « Les entreprises ont un avis négatif de l’évolution de leur activité pour les 6 prochains mois », note la confédération.
« Les niveaux de trésorerie des entreprises se dégradent fortement avec un solde négatif d’opinion de 15 points, soit 3 fois plus qu’au trimestre précédent. De la même façon, seules 6 % des entreprises déclarent constater une hausse de leur activité. Pour l’immense majorité, l’activité, au contraire, soit se dégrade (40%) soit est restée stable. »
15 propositions
La CAPEB a, pour mettre un terme au déclin, fait 15 propositions visant à un rebond d’activité.
Celles-ci s’articulent autour de 4 grandes thématiques: simplifier pour dynamiser, lutter contre la fraude et renforcer la crédibilité des dispositifs RGE et CEE, augmenter le nombre d’entreprises en capacité de réaliser des travaux de rénovations énergétiques et dynamiser la demande des particuliers pour des rénovations énergétiques plus ambitieuses.
« Certaines de ces 15 propositions ne sont pas nouvelles mais nous sommes convaincus qu’elles redonneront au secteur de l’artisanat du bâtiment le souffle nécessaire pour leur permettre de relever les défis sur lesquels elles sont attendues et continuer à représenter un secteur majeur de notre économie. Les mesures dont nous avons besoin sont là, le Gouvernement n’a plus qu’à s’en saisir. Nous espérons un signe du Gouvernement sur ces propositions à l’occasion des prochaines Assises du BTP qui devraient se tenir en juin. »
Jean-Christophe Repon
