(SdH/LPI)
Face à la perspective d’une réouverture de la rue à la circulation automobile, la Ville lance une concertation à destination de la population. La Métropole de Lyon a, elle, sèchement répondu qu’il était «temps d’en finir avec les bouts de ‘concertation’ dites citoyennes».
La Ville de Lyon a lancé jeudi une concertation publique dédiée à la rue Grenette. La démarche vise, selon la collectivité, «à recueillir les retours d’expérience et les attentes des habitantes et habitants, usagers et acteurs du territoire près d’un an après l’ouverture de la voie réservée et dans un contexte d’évolution possible de ses conditions de circulation».
La Ville rappelle qu’environ 90% des déplacements dans la Presqu'île se font à pied et 80% des trajets pour rejoindre la Presqu'île se font en transport en commun ou à pied, selon les dernières enquêtes mobilité. La rue Grenette, qui a été réaménagée en juin 2025 dans le cadre du projet « Presqu’île à vivre », se veut aujourd’hui comme un axe structurant pour les transports en commun, les taxis, les piétons, les mobilités actives et les services de secours.
«Chaque jour, ce sont près de 90.000 usagers qui empruntent cet itinéraire via les bus, contre 9.000 à 10.000 véhicules automobiles qui y circulaient auparavant. Ce changement d’usage souhaité dès 2021 par la Ville de Lyon, la Métropole de Lyon et le Sytral vise à adapter la Presqu’île lyonnaise pour faire face aux effets du changement climatique et intégrer l’évolution des modes de vie. L’enjeu est également de faire du cœur de ville et de métropole, un lieu de vie pour toutes et tous, plus agréable, plus végétalisé, plus accueillant, toujours attractif et dynamique.»
Ville de Lyon
Un désaccord avec le projet de la Métropole de Lyon
La Ville souligne toutefois que le nouvel exécutif élu à la Métropole de Lyon a exprimé son intention d’étudier une réouverture de la rue Grenette à la circulation automobile. Or, pour la Ville, «une telle évolution pourrait avoir des conséquences importantes sur l’organisation globale des déplacements en Presqu’île, notamment sur les équilibres entre transports en commun, circulation automobile, cheminements piétons et mobilités actives», et «pourrait également impacter d’autres aménagements structurants, comme la piétonisation engagée dans certains secteurs du centre-ville».
Aussi, la Ville a souhaité prendre les devants et consulter les habitantes et habitants à la réflexion sur l’avenir de la rue Grenette. Elle va durer un mois, du 30 avril au 30 mai 2026, et «s’inscrit dans la continuité des démarches participatives déjà menées autour de la Presqu’île».
«Celles-ci ont mobilisé près de 15.000 contributions citoyennes à travers 9 réunions publiques, 7 consultations en ligne, 41 rencontres sur l’espace public, plus de 250 acteurs socio-économiques rencontrés... Un travail qui a d’ailleurs été salué ; la Métropole de Lyon ayant reçu, en novembre dernier, 4 étoiles aux 10e prix de la participation pour le projet de transformation et d’adaptation de la Presqu’île de Lyon, lors d’une cérémonie au Sénat.»
Ville de Lyon
Face à un retour possible de la circulation automobile dans le cœur de la Presqu’île, la Ville de Lyon souhaite permettre à toutes et tous de donner son avis, à l’aide d’un questionnaire qui vise à aider à mieux identifier les usages de la Presqu’île, les modes de déplacement privilégiés, l’évaluation des aménagements actuels, et les avis sur le maintien ou non de la rue Grenette sans circulation automobile. La concertation est ouverte à toutes et tous via un questionnaire en ligne accessible sur la plateforme de participation citoyenne [Oyé !] de la Ville de Lyon. «Les enseignements de cette concertation viendront nourrir les décisions à venir concernant l’avenir de la rue Grenette dans le cadre d’une collaboration constructive avec la Métropole de Lyon», conclut la collectivité.
Réaction de la Métropole
La Métropole a, quant à elle, répondu assez sèchement à cette initiative de la Ville. Elle a ainsi indiqué que le format de cette concertation était «assez étonnant, même si la Présidente de la Métropole Véronique Sarselli salue l’intérêt que le Maire de Lyon semble enfin manifester aux attentes des riverains, y compris sans doute des commerçants lourdement impactés dans leur activité économique ces derniers mois par les aménagements de la ZTL».
Elle note ainsi qu’«il est temps d’en finir avec les bouts de ‘concertation’ dites citoyennes, dont le mandat précédent a largement démontré ses limites, puisque les avis remontés ont été soit très limités, soit rarement pris en compte». Elle indique ainsi que, «sur un sujet aussi fondamental et sensible que l’accès à la ville centre, et plus globalement sur la question des mobilités, il est temps de travailler sur une véritable vision d’ensemble, qui tienne compte de tous les besoins et apporte une réponse d’apaisement et de fluidification des déplacements de chacun».
La Métropole souligne ainsi que sa présidente, Véronique Sarselli, a demandé à Gilles Gascon, vice-président aux mobilités, transports en commun et performance du réseau, et à Pierre Oliver, vice-président à la voirie, circulations intelligentes et fluidité du trafic, «d’aller directement à la rencontre des usagers et des acteurs économiques, pour travailler sur une solution de sortie par le haut du dispositif actuel». La collectivité «annoncera d’ici l’été, le détail de son nouveau dispositif, y compris les modalités de réouverture de la rue Grenette à la circulation automobile».
