Du fait de la hausse des taux de l'OAT, le courtier en crédit immobilier Meilleurtaux.com envisage une hausse des taux de crédit immobilier dans les prochaines semaines, et une sélectivité plus forte de la part des banques.
Meilleurtaux.com envisage une hausse des taux de crédit immobilier. Même si pour l’heure, les banques n’ont - en grande majorité - pas bougé leurs barèmes, celle-ci devrait intervenir prochainement, du fait de la hausse continue des taux de l’OAT depuis début septembre, elle-même liée aux craintes de contagion à la France de la crise de la dette en zone euro.
« Compte tenu de la hausse de l'OAT mais de la baisse du taux de la BCE, les banques choisiront de répercuter ces évolutions avec, pour la plupart, la nécessité de reconstituer leurs marges à l'approche de l'entrée en vigueur des règles prudentielles de Bâle III. Nous privilégions le scénario d'une hausse graduelle mais modérée des taux » pense ainsi Hervé Hatt, directeur général de meilleurtaux.com.
80 points de base d’écart au sein d’une même banque
D’ores et déjà, les écarts de taux d'une banque à l'autre tendent à augmenter, « pour atteindre jusqu'à 0,80 point, y compris au sein d'une même région » note le courtier qui publiait aujourd'hui son 14° Observatoire du crédit immobilier. Autre mouvement déjà noté par d’autres courtiers, les banques restreignent leurs crédits sur certaines maturités de prêt, certaines banques ne proposant plus de prêts au-delà de 30 ans, voire 25 ans pour l'une d'entre elles. La sélectivité se fait aussi sur le niveau d’apport : certaines banques « demandent un apport de 10 % pour couvrir les frais, voire 20 % pour obtenir un très bon taux... »
Conséquence de cette plus grande sélectivité des dossiers, les jeunes primo-accédants désertent le marché. La part des moins de 35 ans a ainsi baissé à 43,1 % en octobre contre 50 % au premier trimestre 2011. De la même façon, la part des primo-accédants a reculé à 64%, contre 70% des clients au premier trimestre. De façon asymétrique, l’apport personnel a, lui, passant à 66 825 € en octobre contre 64 140 € au premier trimestre 2011 et 54 700 € au premier trimestre 2010.
Un assainissement du marché
Pour ne rien arranger pour les primo-accédants, les dispositifs gouvernementaux se sont nettement réduits. Le nouveau plan de rigueur a ainsi acté la fin du du PTZ + dans l'ancien, segment qui représente 80 % des transactions. Dans le neuf, la fin annoncée du Scellier pour 2013 et la baisse de l’avantage fiscal lié à ce dispositif en 2012 pourraient également avoir un effet négatif sur le marché du neuf.
Le courtier compte désormais sur l’effet « solvabilisateur » que pourrait provoquer une baisse des prix en 2012. « Une baisse des prix permettrait de fluidifier le marché et conserver un certain pouvoir d'achat pour les primo-accédants malgré la fin du PTZ + et en dépit d'une éventuelle hausse des taux. Une baisse des prix de 5 % en moyenne en 2012 compenserait une hausse des taux de 0,50 point, maintenant un pouvoir d'achat immobilier stable, en moyenne de 48 m2 pour 1 000 € de mensualité sur 20 ans. Même si l'année 2012 ne s'annonce pas sous les meilleurs auspices, la perspective d'une baisse des prix permet de rester confiant. L'atterrissage en douceur des prix devrait permettre un assainissement et un rééquilibrage du marché immobilier » conclut Hervé Hatt.
