Selon Century21, la hausse de prix enregistrée à Lyon et sa région atteint 10.95% sur le premier semestre. Un record national.Peut-on encore évoquer l’idée d’une quelconque crise immobilière ? C’est en tout cas la question que l’on peut se poser consécutivement aux chiffres publiés par Century21 dans sa note de conjoncture trimestrielle. Celle-ci fait en effet état d’une hausse de 8,5% des prix moyens au m² en France. Il revient ainsi peu ou prou (-1.6%) à ses niveaux du premier semestre 2008, avant la crise financière.
Le prix moyen au mètre carré en France est ainsi de 2508 euros contre 2549 € au premier semestre 2008. Il convient toutefois de différencier les prix pour les maisons et les appartements : le prix du mètre carré est ainsi de 2021 euros pour les maisons et de 3243 € pour les appartements, un niveau là aussi inférieurs aux 2125 euros et 3218 euros constatés au premier semestre 2008. Et la hausse pourrait bien ne pas s’arrêter là : le réseau a ainsi constaté une progression de 24,6% de compromis signés au premier semestre 2010 par rapport au premier semestre 2009. « Les volumes de vente actuels font oublier la contraction qu’a connue le marché au second semestre 2008 et durant l’année 2009 » indique l’étude.
Hausse record des prix de l'immobilier sur Lyon et sa région
Lyon et sa région ne sont pas en reste bien au contraire. Sur les six derniers mois, l'augmentation des prix immobiliers y est même supérieure qu'à Paris. Le prix moyen du mètre carré à Lyon atteint 2483 euros selon la filiale de Nexity, soit une augmentation de 10.95% par rapport au second semestre 2009, un record au niveau des grandes métropoles nationales. Sur 12 mois, la progression est en revanche un peu moins forte (+7.83%) du fait d'une base de comparaison ( le premier semestre 2009) un peu plus élevée. On peut néanmoins parler de flambée des prix concernant les maisons, celle-ci atteignant 15,83% contre 2,83% pour les appartements. Le prix moyen d'une acquisition sur la région lyonnaise est, selon le réseau, de 204.525 euros, avec là aussi une différence notable entre les maisons et les appartements (appartements : 173 936 euros, + 9,69 % sur 12 mois et maisons : 279 215 euros, soit + 18,03 % sur 12 mois). La surface moyenne est de 81,38m² (69,11 mètres carrés pour les appartements, 111,73 m² pour les maisons).
Des délais de vente plus longs
Cette dynamique haussière sur les prix se traduit également sur le front des délais de vente, qui raccourcissent : de 101 jours au premier semestre de l’an dernier, ceux-ci sont passés à 82 jours au premier semestre 2010. Avec une tendance à l’accélération sur les six derniers mois : les délais sont ainsi passés de 89 jours au premier trimestre à 76 jours au deuxième trimestre 2010 pour vendre son bien. La encore, Lyon se distingue par des délais encore plus courts sur le trimestre, avec un délai moyen de 76 jours. La baisse est notable tant pour les appartements (73 jours contre 99 au premier semestre 2009) que pour les maisons (83 jours contre 111 au premier semestre 2009). Les biens à la vente sont aussi plus rares dans l’immobilier ancien: le réseau propose ainsi « à ce jour 50 000 biens à vendre dans l’ancien contre 63 000 au 1er juillet 2009 ».
Pour Century21, les raisons d’une telle remontée des prix sont de deux ordres. La formidable décrue des taux de crédit immobiliers a d’abord permis aux primo accédants de revenir sur le marché dès le premier semestre 2009.
La solvabilité s'érode
Mais un autre phénomène est décelé par le réseau d’agences : en effet depuis le second semestre de l’an dernier, les secundo ou pluri accédants et des CSP + sont massivement revenus sur le marché, avec une part des cadres supérieurs et des professions libérales en augmentation de 11,9% sur la période. Deux autres catégories, à savoir les retraités (+7,8%) et es cadres moyens (+2,2%), ont également plus acheté par le réseau début 2010. Une hausse qui s’est faite au détriment des employés/ouvriers et des commerçants artisans (-6,2% et -2,3%).
Cette dernière observation pourrait paradoxalement être le signe du caractère fragile de cette envolée. Alors que les investisseurs et ménages à fort pouvoir d’achat pourraient avoir tiré parti des derniers mois d’avantages fiscaux issus du plan de relance, le potentiel de hausse pourrait apparaître désormais limité, les primo-accédants étant de fait exclus du marché, surtout dans les grandes agglomérations. Le niveau de solvabilité d'une grande partie des acquéreurs semble ainsi s'éroder.
« Une ligne de résistance semble exister sur laquelle butent systématiquement les prix » note d’ailleurs le réseau d’agences immobilières. « Elle se situe autour de -5% du niveau de prix atteint au premier semestre 2008. Dès que les prix franchissent ce seuil, les ventes se grippent, contraignant le marché à réajuster ses prix à la baisse afin que l’activité redémarre » précise Century.

