Selon la fondation Abbé Pierre, près de 3.6 millions de personnes sont mal logées à l’heure actuelle, et près d’un français sur 5 a du mal à payer son loyer ou son crédit immobilier.
La fondation Abbé Pierre présentait ce matin son 17ème rapport annuel sur le mal logement, avec un constat sans appel : près de 10 millions de personnes seraient touchées par la crise du logement. Un ménage sur cinq aurait en effet du mal à rembourser les échéances mensuelles de son emprunt immobilier ou à payer son loyer. En outre, 3,6 millions de personnes ne seraient pas ou seraient mal logées.
Elle pointe ainsi «une situation souvent dramatique» avec des «conséquences sur le quotidien pouvant conduire à d'importants sacrifices, qu'il s'agisse de la restriction des dépenses d'alimentation et de santé, de la dégradation des conditions de vie, de l'allongement des trajets du domicile au travail, etc.».
Un élargissement du mal logement
A l’occasion de cette campagne présidentielle, elle souhaite dénoncer les politiques publiques du logement menées depuis 20 ans, qui ont selon elle trop privilégié l'accession à la propriété ou le développement du parc locatif privé via la défiscalisation. Selon la fondation, ceci expliquerait le doublement des loyers en 10 ans, alors même que les conditions de vie et de logement apparaissaient de plus en plus précaires pour un nombre croissant de ménages.
L’un des problèmes soulignés par le rapport tient notamment au fait que la fixation des loyers des logements aidés par un dispositif de soutien à l’investissement locatif «n'obéit pas à des plafonds qui permettraient de flécher la production vers ceux qui en ont besoin». De ce fait, un nombre croissant de personnes serait selon elle confronté au mal logement. « L'évolution divergente des revenus et du coût du logement crée ainsi une nouvelle zone de fragilité et provoque un élargissement des publics confrontés à des problèmes de logement, tant pour y accéder (car la gamme des possibilités se réduit), que pour s'y maintenir (lorsqu'ils doivent consacrer une part croissante de leur budget pour faire face à l'évolution du coût du logement et éviter la menace d'expulsion)» note la fondation.
Les candidats appelés à s’engager
La fondation souhaite désormais engager les candidats à s’engager solennellement à signer le « contrat social » proposé par la fondation. François Bayrou (Modem), Eva Joly (EELV) et Jean-Luc Mélenchon (Front de Gauche) seront ainsi présent pour la signature du contrat social, tandis qu’ Henri Guaino représentera Nicolas Sarkozy. François Hollande (PS) a également fait savoir qu’il signerait ce contrat, tout en rappelant que son programme consistait à favoriser la construction, relever le quota de logements sociaux obligatoires selon la loi SRU de 20% à 25%, et favoriser l’hébergement d'urgence.
Le rapport de la Fondation Abbé Pierre sur le mal logement en région Rhône-Alpes sera quant à lui présenté le 8 mars prochain.
