Selon une étude du Crédoc, le budget logement des ménages empiète sur celui des loisirs mais aussi sur d’autres postes, comme le transport ou l’alimentation. Le statut d’occupation d’un logement est, selon celle-ci, devenu une « nouvelle ligne de fracture sociale ».
Le statut d’occupation d’un logement est devenu une « nouvelle ligne de fracture sociale » selon le Crédoc, qui a publié aujourd’hui une étude sur ce thème. Selon cette dernière, la hausse des prix de l’immobilier, largement déconnectée des revenus, a provoqué de profondes modifications dans le budget des ménages.
Selon le Crédoc, « au-delà des vacances, des loisirs et de la culture, les dépenses de logement empiètent sur des postes moins attendus comme le transport, l’équipement du foyer ou même l’alimentation et la santé ». Cette situation touche plus les familles nombreuses et les monoparentales qui voient leur surface de vie diminuer pendant que celle des ménages sans enfant augmente.
Pour l’étude, l’effet richesse a également des effets psychologiques. « Etre propriétaire de son logement est un facteur de rassurance » note-t-il. 32 % des locataires seraient ainsi « très inquiets », et préoccupés par les risques de maladie grave, d’accident de la route, d’agression dans la rue, d’accident de centrale nucléaire et même du risque de guerre. Ils ne sont que 21 % des accédants à la propriété à être dans la même psychologie.
Les plus modestes de moins en moins propriétaires
L'étude montre en outre qu’une large majorité de français - 81 % - estime que tout le monde devrait d’abord disposer d’un logement confortable pour un coût raisonnable, plutôt que de privilégier la propriété pour tous.
Si les locataires et les accédants à la propriété avaient des revenus très similaires il y a 15 ans, la hausse des prix de l’immobilier a modifié ce rapport. 73 % des hauts revenus sont propriétaires de leur logement, soit une proportion supérieure à celle de 1990 (62%). En revanche, les ménages modestes ont vu leurs perspectives de devenir un jour propriétaires s’éloigner : seuls 31 % des bas revenus sont aujourd’hui propriétaires, contre 51 % en 1990.
