Pascal Bayle est gérant de l’agence Guy Hoquet de Saint Bonnet de Mure. Il nous parle de sa vision du marché immobilier dans son secteur.
Comment se comportent les marchés de Saint Bonnet et Saint Laurent de Mure ?
On a un petit peu moins de biens à vendre qu’il y a quelques temps, mais nous avons également un petit peu moins d’acquéreurs. En revanche, si ces derniers sont moins nombreux en volumes, leur qualité s’améliore. Ce sont des gens qui ont un vrai projet, et qui, s’ils n’ont pas validé leur budget, sont prêts à se positionner pour valider leur budget avant de sortir en visite. En contrepartie, nous n’avons pas pléthore de biens. Les prix, même si ils se sont légèrement tassés, n’ont pas baissé de manière sensible. Nous sommes revenus dans un marché normal. Lorsque les gens vendent aujourd’hui, c’est qu’ils ont un vrai projet : ce peut être une mutation, une future naissance, ou encore une vente de la part de personnes âgées désirant acheter plus petit. Ce peut être aussi des successions, des divorces… On a perdu les acheteurs « compulsifs », qui sont bien chez eux, mais qui projetaient d’acheter tant que le marché était porteur afin de trouver mieux… Ceux-là ont disparu. Les gens ne jouent plus sur l’évolution des prix, en vendant plus cher pour acheter mieux.
Combien faut-il compter pour venir s’installer à Saint Laurent de Mure ou Saint Bonnet de Mure ?
Tout dépend de la typologie de l’acheteur, du volume qu’il recherche. Sur des maisons jumelées avec 200 et 400 m2 de terrains et 90 m2 de surface habitable, trois chambres, propre, on sera entre 250.000 et 260.000 euros. Sur une maison individuelle avec 600 m2 à 800 m2 de terrains, avec 100 à 120 m2 de surfaces, on sera entre 280.000 et 330.000 suivant l’année de construction, l’entretien, les prestations, comme la présence ou non d’une piscine… Après, on peut arriver jusqu’à 350.000-400.000 euros sur des maisons très récentes, qui disposent de 4 chambres, d’une suite parentale, avec 800 m² de terrain minimum. Nous avons même des maisons disposant de terrains et de prestations supérieures, les prix peuvent atteindre 400.000 à 500.000 euros, sur des maisons de 140 à 160 m2.
Sur cette dernière catégorie de biens, les délais de transactions doivent être un peu plus élevés…
Il est très difficile de trouver des acheteurs au-delà de 500.000 euros. Pourtant, il y a des biens qui sont affichés à ces prix-là, mais ce n’est pas pour autant qu’ils se vendent. Les délais de transactions sont plus longs sur ces segments.
Sur quelles catégories de biens se concentre l’essentiel du volume ?
Sur le premier et le deuxième segment. Toutefois, les volumes du premier segment ont diminué. Les gens ont moins la possibilité d’acquérir un bien plus grand : ils restent donc plutôt chez eux. Notre marché se situe donc essentiellement entre 280.000 et 350.000 euros.
Comment se porte le marché des appartements ? On observe, sur la commune, un renouvellement du parc avec des appartements neufs…
Il y a eu des constructions et il y a des projets en cours. Les ensembles construits dans la commune sont des petits ensembles, de 20 à 30 logements. La particularité du secteur, c’est que nous n’étions pas éligibles au Scellier. Nous n’avons donc pas eu l’engouement des gros promoteurs par rapport à ce type d’investissement. De ce fait, le prix est resté cohérent, par rapport aux prix des biens en Scellier, qui était défini par l’avantage fiscal qu’il procurait. Il y a toutefois une rareté des produits, avec plus de demande que d’offre. Nous avons notamment une clientèle de gens âgés qui habitent la commune et pour qui l’entretien d’une maison était devenu trop lourd. Ils cherchent donc des appartements neufs dans le centre, car ils sont attachés à la commune. Nous avons donc vu, de par la rareté, des prix allant de 3 200 à 3 300 euros du mètre.
Quels sont les prix sur les appartements récents?
Nous avons récemment vendu un T2 récent de 48 m2 avec terrasse à 3 270 euros du mètre carré. Nous avons également vendu, en plein centre-ville, un T3 de 62 m2 disposant de deux parkings et d’une terrasse de 10 mètres carrés dans un petit ensemble de 8 logements, à 3 266 euros du mètre carré. Sur du neuf, nous avons vendu un programme neuf, avec des prix allant de 3 200 à 3 600 m². La rareté fait que les produits récents se vendent pratiquement aux mêmes prix que les programmes neufs que l’on pourrait sortir. Un programme neuf peut donc se vendre très rapidement.
Et sur les appartements anciens ?
Sur l’ancien, on peut aller de 2 200 à 2 600 euros du mètre carré. Nous avons actuellement à la vente un appartement d’une trentaine d’année de 80 m² à 2 300 euros du mètre carré.
Il y a donc un gros écart qui reflète la physionomie du parc immobilier de Saint Bonnet, écartelé entre l’ancien et le neuf ?
Exactement. On peut assimiler le récent au neuf. Un appartement dans une résidence qui a moins de 10 ans sur le secteur se vendra aux mêmes prix qu’un appartement neuf.
L’aéroport Saint-Exupéry est-il une gêne sur Saint-Bonnet ou Saint-Laurent ?
Non. Lorsque l’on est dans l’axe nord-sud, comme dans le Nord Isère, Pusignan ou Villette-d’Anthon, il y a nettement plus de gêne qu’à Saint Laurent ou Saint Bonnet de Mure. A 20 km au nord ou au sud, on ressent nettement plus de gêne qu’ici. Comme nous sommes à l’ouest de l’aéroport, nous n’avons pas cette problématique. Je dirais qu’au contraire, entre l’aéroport, les accès routiers, et la gare TGV de Lyon Saint Exupéry, c’est plutôt un point positif de développement pour Saint Bonnet et Saint-Laurent. Beaucoup de gens, et notamment des gens qui travaillent à Paris, choisissent notre secteur par rapport à cela. Nous sommes en outre à quelques minutes des autoroutes qui emmènent en Savoie ou sur Genève.
L’axe principal de Saint Bonnet-Saint Laurent, la RN6, est en revanche souvent engorgé…
Oui, mais comme tout axe qui va dans le centre de Lyon au moment des heures d’entrée et de sortie de bureau. La problématique est la même pour tous les grands axes à ces moments-là de la journée.
Quel est à votre sens le principal intérêt à venir s’installer à Saint Bonnet ou Saint Laurent de Mure ?
Sans doute l’esprit village d’une grosse commune, et la proximité de tout, sans en avoir les inconvénients. Les gens se déplacent encore beaucoup à pied et à vélo. Le week-end, le village est tranquille. Il y a beaucoup d’activités, notamment des associations et des clubs de sport très dynamiques. Il y a des infrastructures en conséquence, avec une piscine, et un complexe sportif. On compte également beaucoup de festivités, comme le 14 juillet, mais également la fête des lumières. La municipalité de Saint Bonnet organise chaque année une journée des nouveaux venus pour que les gens se connaissent. Il y a donc un assez bon esprit.

