<p>Jean Marie Paulet, président de l'Union des Maisons Françaises (UMF) Loire Haute-Loire</p>
Jean Marie Paulet, président de l’Union des Maisons Françaises en Loire et Haute-Loire, constate une baisse d'activité sur le marché des maisons individuelles.
Comment se porte le marché de la maison individuelle en Loire et Haute-Loire depuis le début de l’année? Existe-t-il un certain attentisme de la part des acquéreurs ?
C’est le moins que l’on puisse dire. Janvier et encore plus février a été une période très difficile. Je demande souvent à mes collaborateurs si le téléphone sonne. Il n’a pas trop sonné en février, ni début mars. On commence seulement à avoir maintenant un petit redémarrage.
La maison individuelle s’est surtout développée, depuis quelques années, dans le sud de la Plaine du Forez et dans la vallée du Gier. Pensez-vous que ce mouvement de périurbanisation de Saint-Etienne est structurel ?
Vous savez qu’il y a un petit problème de PLU. Dans ce PLU, il y a un SCOT. Ce SCOT a été accepté par les communes et génère des droits à construire par an. Certaines communes ont droit à 2 logements par an pendant 5 ans, quand d’autres ont droit à 40 logements. Nous risquons donc d’avoir une surface constructible qui va se réduire, et qui va donc nous demander de réaliser des maisons sur des petites surfaces. Je trouve que ce n’est pas réellement notre métier. Nous, notre métier, c’est de faire des maisons avec 1000 m2 de terrains. Ça me gêne parce que c’est ce qui va se décider demain.
En 2013, la RT2012 va entrer en application, ce qui va de facto peser sur le prix de la maison individuelle…
Les gens ont des difficultés à financer leur maison individuelle. On vient de leur remettre la RT2012, qui génère entre 5% et 10% d’augmentation du prix. Ceci est gênant dans le sens où nous étions arrivés à bien cerner notre marché de la maison individuelle. Or pour nos principaux clients, les primo-accédants, 10%, ça les met hors circuit : les banques n’accepteront pas de les financer, car cela va les surendetter, même si cela ne représente que 7 000 ou 10 000 euros. La moyenne des maisons construites dans le département de la Loire, c’est 120.000 euros avec le terrain, dont si on rajoute à cela 10%, plus la TVA, plus les études d’architectes, et plus les études de sols qui vont être nécessaires du fait des risques miniers, on va plomber notre clientèle et aussi notre profession.
Concernant l’obligation de recours à un architecte pour toute surface au sol supérieure à 170 m2, êtes-vous inquiets vis-à-vis cette modification ?
Avant, les maisons devaient faire plus de 170 m2 habitables pour recourir à un architecte. Maintenant, c’est 170 m2 au sol. Le garage par exemple est compté… Ce qui fait que près de deux tiers de nos maisons nécessitent la signature d’un architecte. Cela risque de diminuer notre capacité à construire. Il faut que l’on trouve des architectes qui supervisent ce que nous avons fait. Or ils ne vont pas faire cela gratuitement, et vont le faire pour quelques centaines ou milliers d’euros. Ils ne vont pas faire des signatures de complaisance, et vont vouloir à tout prix s’assurer de ce qui a été fait. Ils vont donc vouloir, et je les comprends, voir le dossier, l’étudier, et par la suite prendre des honoraires supplémentaires.
UMF Loire Haute Loire - mars 2012 par Lyon_Pole_Immo
Une des autres particularités de Saint-Etienne, c’est la prévention des risques miniers. Certains maires vont regarder à deux fois avant d’accorder un permis de construire…
Le maire de Villars a déclaré récemment qu’il avait refusé deux permis en attendant d’être certain que leurs études de sol soient plus pointues, plus finalisées. Les maires ne vont pas prendre de risques supplémentaires, car ils engagent leur responsabilité. On va donc encore demander des études de sol très pointues pour pouvoir construire des maisons et éviter aux élus des ennuis sur du terrain qui est forcément minier. A Villars ou Roche la Molière, ce sont 26% des terrains qui sont touchés par le plan de prévention des risques miniers. Cela va donc augmenter les prix.
Vous vous attendez donc à un ralentissement pour 2012 ?
La particularité du marché de la maison individuelle, c’est que les ventes de l’année 2012 sont faites, parce que nous avons réalisé les ventes en 2011. On met en effet 9, 10 mois pour construire une maison. Moi, ce qui m’inquiète aujourd’hui, c’est 2013. Nous vendons aujourd’hui les maisons que l’on va livrer en 2013. Or c’est lors de la livraison des maisons que l’on réalise le résultat. C’est le résultat 2013 qui me pose aujourd’hui souci, car nous sommes, sur ces trois premiers mois, très en deçà de nos objectifs.
