L’Etat a apporté sa garantie de 4.7 milliard d’euros à l’établissement spécialisé, qui devrait être géré en extinction.
Le groupe Crédit immobilier de France va recevoir la garantie de l’Etat. C’est ce qu’a indiqué samedi Bercy, dans un communiqué, alors que l’établissement financier spécialisé dans le crédit immobilier traverse d’importantes difficultés financières.
Avec l’abaissement de la note de l’établissement en mars puis en août dernier, le modèle économique reposant sur le refinancement par le marché devenait intenable. Si bien que l’Etat avait prospecté pour rechercher un adossement, auprès d’un acteur du secteur. Or les récentes tentatives ont toutes échoué. Dernière en date, la Banque Postale, qui avait dit examiner le dossier, a indiqué vendredi dernier ne pas être intéressée en l’état par la reprise de l’établissement. Cet échec a précipité l’hypothèse en extinction que Moody’s avait soulevé peu de jours auparavant.
« Les dirigeants du CIF ont mis en place en juin 2012 un processus ouvert, afin de trouver un repreneur. Cette tentative n’a toutefois pas abouti. Pour permettre au groupe CIF de respecter l'ensemble de ses engagements, l'Etat a décidé de répondre favorablement à sa demande de lui octroyer une garantie » a indiqué le ministère de l’économie et des finances dans un communiqué.
L'établissement géré en extinction
Selon des sources proches du dossier citées par les Echos, la garantie apportée par l’Etat devrait être de 4.7 milliards d’euros. L’établissement devrait être géré en extinction et ne devrait de fait plus émettre de crédits. « L'Etat a pris ses responsabilités en donnant sa garantie (...) parce qu'il en va de l'intérêt du financement du logement », a justifié Jean-Marc Ayrault, hier, dans une émission sur France Inter. Il a en outre assuré que l’argent des français ne serait pas mis à contribution, du fait des importants fonds propres de l’établissement.
Il est également revenu sur l’état-major du groupe, qui a été changé en conséquence. Bernard Sevez a été nommé Président-Directeur Général et Patrick Amat Directeur Général Délégué. L'ancien dirigeant du CIF, a fait « valoir ses droits à la retraite » a indiqué Bercy. « L'Etat s’attend à ce que l’ancien dirigeant du CIF renonce à toute indemnité » a-t-il été précisé dans le communiqué. Jean-Marc Ayrault a pour sa part souhaité que le dirigeant sortant ne perçoive aucune indemnité ni retraite-chapeau.
