Keira Boukralfa, responsable développement au CLLAJ, et Martial Guiguet, directeur de la mission locale de Vénissieux co-organisaient la quatrième édition du Salon du logement des Jeunes.
Le salon a rassemblé plus de visiteurs que l’an dernier. On sent une montée en puissance de cet évènement…
Keira Boukralfa – Oui. La centralité et l’accessibilité du salon ont permis de mieux le faire connaître. Avec les années, les choses se sont ancrées. On a l’impression de mettre en valeur un peu plus l’offre proposée par les exposants que l’accompagnement et le conseil. Les jeunes sont plus réceptifs, ils sont en recherche immédiate de logement. On essaie donc de répondre à cette demande-là.
On a parlé dans ce salon notamment de colocation. Est-ce une demande importante au niveau du CLLAJ tout au long de l’année ?
Keira Boukralfa – Non, c’est une demande à la marge. Le CLLAJ de Lyon accueille souvent une jeunesse sans condition, de moins de 30 ans, qui n’est pas spécialement étudiante car il y a des structures adaptées qui sont là pour accueillir ce public-là, comme le CRIJ ou le CROUS. Sur les 2300 jeunes que l’on reçoit, ce sont surtout des jeunes salariés, salariés précaires, et familles monoparentales. On va recevoir tout le public qui n’est pas étudiant.
Le salon fait donc un peu exception à cette vocation…
Keira Boukralfa – Là, on est sur un évènement. L’ambition du salon est de mettre en lumière la question du logement des jeunes, mais aussi du mal-logement des jeunes, subi tout au long de l’année.
Le problème du logement est plus prégnant chez les jeunes que dans d’autres catégories de la population ?
Martial Guiguet - Il me semble qu’il est plus prégnant. A « jeune », on associe souvent précarité professionnelle. A la mission locale de Vénissieux et portant un CLLAJ dans les mêmes locaux, on voit particulièrement les passerelles qui sont nécessaires entre l’autonomie par le logement et l’insertion professionnelle. A Vénissieux, sur 2500 jeunes, on s’aperçoit que les jeunes ont une difficulté à trouver du logement parce qu’en situation de précarité financière. Dès qu’on parle logement, on parle garant et solvabilité, deux choses que les jeunes n’ont souvent pas. Ces jeunes-là sont souvent en parallèle en recherche d’insertion professionnelle. S’adresser à une mission locale ou à un CLLAJ, c’est un premier pas pour résoudre une problématique, qui va nous renvoyer à d’autres, comme la solvabilité et de ce fait l’insertion professionnelle. A Vénissieux, ce sont 40% des jeunes qui sont au chômage. Le logement nous renvoie forcément à ce problème-là. Il est largement aussi difficile de trouver un logement que de trouver un emploi. D’autant que trouver un emploi ne garantit pas de trouver un logement.
Keira Boukralfa – On est en face de jeunes qui sont touchés de plein fouet par la crise du logement. Dans l'agglomération, les prix ont augmenté de 100% en 10 ans. ça a laissé toute une jeunesse sur le carreau. De plus, les jeunes demandent souvent des petits logements qui, du fait d’un turn over à la relocation, ont des prix à la relocation qui sont exponentiels. L’autre problème, pour les moins de 25 ans, c’est qu’ils n’ont pas de filet de sécurité économique. Il y a certes le RSA jeunes, mais ce dernier ne touche qu’une petite partie de la population. Certains jeunes arrivent sans rien. La question de la solvabilité est donc essentielle. On reçoit en outre des publics ayant des problématiques particulières, en rupture familiale ou ayant des problèmes d’addiction. Pour ceux-là, nous les aidons à trouver des logements adaptés ne serait-ce qu’un moment, le temps de trouver des solutions à leurs problème. Nous avons de nombreux cas cette année d’étudiants étrangers qui peinent à trouver un logement. L’année dernière, nous avions le passeport logement étudiant, qui a fonctionné un an, et qui permettait d’avoir une caisse mutualisée de garantie en caution solidaire. Depuis le changement de gouvernement, nous avons pléthore d’étudiants étrangers qui n’ont pas de logement du fait que la plupart des bailleurs n’acceptent pas un garant qui est à l’étranger. Nous avons pour eux une réponse très limitée.
» Plus de 1000 participants pour le salon du logement des jeunes

Très bienvenu ce salon. On devrait avoir plus d’événements comme celui-ci, s’adressant à des segments différents, car les points sensibles du marché immobilier changent chaque année.