La confédération des petites entreprises du bâtiment proteste contre les hausses importantes appliquées aux entreprises artisanales. Une fois de plus, les autoentrepreneurs sont visés par la confédération.
La CFE ne passe pas chez les artisans du bâtiment. Selon la CAPEB, selon certaines entreprises artisanales du bâtiment ont fait face à des augmentations très élevées de CFE. Pour certaines, la hausse peut monter jusqu’à 100%, 400 %, voire 1 000 %, par rapport à 2011, et ce « sans concertation ».
La confédération dénonce ainsi un « coup de grâce pour ceux qui peinaient déjà à faire face à une crise économique sans précédent et à la hausse de la TVA, qui passera à 10 % dès 2014 ». Elle trouve que cette hausse est ainsi une double peine pour ces entreprises, qui sont « les premières victimes de l’augmentation de la base de cotisation minimum », de nombreuses collectivités ayant augmenté la CFE jusqu’au plafond de 6 102 euros.
Les Présidents des CAPEB locales ont, pour protester, écrit aux Présidents d’intercommunalités et aux Préfets, afin de repousser le règlement de la CFE ou obtenir un dégrèvement tant qu’une solution équitable n’aura pas été trouvée. Ils souhaitent en outre que des aménagements législatifs soient votés au plus vite pour éviter ces augmentations non encadrées par les collectivités.
« Une faille sismique » avec les autoentrepreneurs
« Que feriez-vous si du jour au lendemain on multipliait vos impôts par cinq, voire bien plus ? En Côte d’Or, la CFE est passée de 137€ en 2011 à 1264€ en 2012. Si l’on applique cela aux 380 000 entreprises artisanales du bâtiment, cela conduit à 428 millions d’euros supplémentaires exigés des artisans du bâtiment d’un coup, sans prévenir » s’insurge Patrick Liebus, président de la CAPEB.
« Les plus petits et les plus utiles, qui constituent le tissu économique local de notre pays sont les premiers touchés. En même temps, l’écart de traitement entre nous et les auto-entrepreneurs, exonérés pour une année de plus du paiement de cette taxe, commence à ressembler à une faille sismique. Alors je me pose la question : que cherchent les pouvoirs publics ? Prendre en otage ceux qui sont implantés localement et qui ne pourront pas partir ? Tout en dopant artificiellement le nombre d’entreprises créées en favorisant les auto entrepreneurs ? Quand toutes nos entreprises auront mis la clef sous la porte ou que nous aurons licencié nos salariés, nous aurons perdu plus d’emplois que les auto-entrepreneurs n’en retirent aux statistiques de Pôle Emploi» a-t-il déclaré.
