François-Noël Buffet souhaiterait demander le rattachement de la commune dont il est maire à Lyon.
C’est ce qu’on appelle l’effet papillon. Si beaucoup d’élus de l’opposition ont pesté sur l’annonce « surprise » et sans concertation du tandem Mercier-Collomb au sujet de la métropole d’intérêt européen, les voilà qui s’emparent de manière détournée de ce nouvel « objet administratif » pas encore tout à fait identifié.
Au premier rang d’entre eux, François-Noël Buffet. Ce dernier compte, selon ses propos rapportés par nos confères de Lyon Mag et Lyon Capitale, demander prochainement le rattachement d’Oullins à Lyon. Sans, toutefois, être plus disert sur le timing d’un tel rattachement. « En fonction des réponses qu’apportera Gérard Collomb sur le devenir des communes dans le fonctionnement du Grand Lyon, je ferai ou non une demande de rattachement”, a-t-il indiqué, selon les propos rapportés par Lyon Capitale.
L’UDI de Christophe Gourgeon a, suite à cette annonce, proposé la suppression pure et simple de la ville de Lyon comme échelon administratif, pour ne conserver que les arrondissements à côté des autres villes du Grand Lyon, comme Villeurbanne, Vénissieux, ou encore … Oullins. On perçoit d’ailleurs la différence d’approche entre l’UDI et UMP. Car la proposition de François Noël Buffet tendrait, à l’inverse, à renforcer la ville centre, et à donner une assise au sénateur maire d’Oullins, que l’on dit très intéressé par l’Hôtel de Ville.
Les municipales en vue
Reste à savoir si un tel rattachement intéressera Lyon et Gérard Collomb, et quelle place trouverait cette fusion-absorption d’Oullins dans le grand chamboulement institutionnel que va constituer la future loi de décentralisation. Car faut-il le rappeler : si Oullins jouxte effectivement le 7ème arrondissement de Lyon au niveau de la Saulaie, la fusion de communes obéit pour l’heure à des règles très strictes, qui imposent notamment un référendum « permettant aux électeurs de se prononcer sur l’opportunité de la fusion ».
Mais le nouvel acte de la décentralisation ne va-t-il pas rabattre les cartes, et permettre dans un laps de temps très court (Mercier et Collomb tablent sur une loi votée en juin 2013) une redéfinition des limites des communes au sein du Grand Lyon ? C’est en substance ce que semble anticiper François Noël Buffet. « Je veux savoir comment sera gouverné le Grand Lyon demain et quel rôle auront les communes. (…) En fonction des réponses qu’apportera Gérard Collomb sur le devenir des communes dans le fonctionnement du Grand Lyon, je ferai ou non une demande de rattachement”, a-t-il affirmé à nos confrères.
Le projet de Mercier - Collomb a donc provoqué le débat, et c’était sans doute l’un des objectifs du maire de Lyon à un an des prochaines échéances électorales. Certes, une fois de plus, la gouvernance du maire de Lyon, que ses opposants jugent autocratique, cristallise les oppositions, et pas seulement à droite. Mais Gérard Collomb a déjà fait bouger les lignes, à l’UMP comme au centre. Il aura ainsi, avec la réforme de la métropole, un mot à dire dans la bataille que se livreront les candidats à l'investiture l'UMP pour 2014. Une chose est, en tout cas, certaine : un an et demi avant l'échéance, les municipales sont bel et bien lancées.
