La fédération du bâtiment est très pessimiste pour l’année à venir et craint la destruction de 40.000 emplois.
La fédération a annoncé hier ses prévisions d’activité pour 2013. Et si la baisse d’activité devrait être limitée à 1,2% en volume en 2012 (contre 1,9% prévus il y a un an), du fait d’un second semestre moins difficile qu’anticipé dans l’amélioration-entretien, la fédération prévoit 3.5% de repli pour 2013.
Sur 2012, l’emploi devrait être affecté, mais de manière moins importante que ce qui était prévu. « Il ne reculera que de 14.500 postes en moyenne annuelle, y compris intérim en équivalents-temps plein, soit une baisse de 1,1%, contre -35.000 initialement prévus » a indiqué hier la FFB.
La fédération pessimiste pour 2013
Mais la fédération se veut toutefois plus pessimiste pour 2013, du fait du chômage, de la confiance des ménages en berne, et de la conjoncture économique. En outre, du fait du caractère décalé de l’activité dans le bâtiment en 2013, la baisse des réservations intervenue en 2012 ne se traduira véritablement que l’an prochain, accentuant ainsi le pessimisme de la fédération.
Celle-ci note qu’en cumul depuis 2009, la baisse d’activité atteint 6,6%, et même de 17,1% si l’on retient 2007 comme référence, une baisse qui trouve ses explications dans l’effondrement de la construction neuve, qui atteint 8,9% pour le logement et 4,4 % pour le non-résidentiel.
Le segment de l’amélioration entretien verra son activité reculer de manière très modérée (-0,5%). La FFB escompte notamment que les particuliers anticipent dans ce segment le relèvement des taux de TVA en 2014. Mais globalement, les entreprises devraient souffrir, avec une baisse de 40.000 emplois dans le secteur, dont 15.000 en intérim.
« Deux maux »
La FFB a notamment dénoncé « les deux maux du secteur », à savoir les pressions à la baisse sur les prix et l’évaporation de nos trésoreries, due à la LME. « A en croire nos contempteurs, la hausse des prix de l’immobilier siphonnerait de l’épargne disponible, au détriment de l’investissement dit « productif », ce qui serait une des causes de nos difficultés dans le jeu de la concurrence internationale » explique la FFB.
La fédération se montre ainsi sceptique sur la possibilité d’atteindre l’objectif des 500.000 logements, du fait notamment de l’inflation des taxes sur l’immobilier. « Nous ne déplorons pas cette avalanche de taxes nouvelles par plaisir, mais parce que le blocage des marchés immobiliers va, petit à petit, paralyser notre activité et débouchera sur un nombre croissant de pertes d’emplois ».
5 propositions
La FFB a donc émis 5 propositions. Elle souhaite ainsi une réduction de trente à vingt-deux ans de la durée de détention pour être exonéré à 100% sur les plus-values immobilières. De même, elle souhaite la fin de la concurrence déloyale de certaines entreprises étrangères et des auto-entrepreneurs, par la sortie du secteur du Bâtiment du régime. La troisième proposition vise à relancer la primo-accession à la propriété, via le PTZ+, et un retour aux principes d’origine de ce dispositif, en ce qui concerne le différé total de remboursement du PTZ+ pendant toute la durée d’amortissement du prêt principal.
La quatrième proposition concerne la rénovation énergétique. L’outil principal de l’action sur le parc de logements existe, avec l’éco-prêt à taux zéro. Il suffit de mettre en oeuvre les préconisations du Plan Bâtiment Durable, qui ont fait l’objet, il y a plus d’un an, d’un large consensus. Enfin la FFB propose un abaissement du taux de TVA à 5% en matière d’efficacité énergétique et de construction sociale.
