La mesure emblématique de la première partie du quinquennat de Nicolas Sarkozy va laisser place à un nouveau prêt à taux zéro.
L’annonce était pressentie depuis plusieurs semaines, c’est désormais officiel. Christine Lagarde a annoncé ce matin dans le quotidien Les Echos la fin du dispositif de déduction des intérêts d’emprunt. Il sera remplacé par un prêt à taux zéro remanié, réservé certes aux primo-accédants mais dénué de toute condition de ressources ou de localisation du bien acheté. « Nous allons passer à un seul et unique outil, qui sera un prêt à taux zéro renforcé» explique la ministre.
Il faut dire que la mesure était couteuse -1.6 milliards à elle seule - et était loin de montrer son efficacité. Néanmoins, sa suppression ne se traduira pas une économie équivalente. Le gouvernement va dans le même temps étendre le dispositif du prêt à taux zéro (PTZ), ce qui va accroitre son coût à 2.4 milliards d’euros. Résultat : alors que le PTZ et la déduction des intérêts coutaient à eux deux 2.6 milliards, l’économie engendrée serait de 200 millions d’euros pour l’Etat.
Aider les primo accédants
L’objectif pour l’Etat est double. Bercy veut d’abord simplifier les dispositifs de prêt à l’accession pour accroitre le taux de propriétaires dans l’Hexagone, lequel reste inférieur à la moyenne européenne. « L'objectif est d'améliorer l'accession à la propriété, sachant qu'il n'y a que 58 % de Français propriétaires contre 66 % en Europe » rappelle ainsi Christine Lagarde.
D’autre part, le ministère des finances souhaite aider la catégorie des primo-accédants, qui se voit confrontée à une hausse des prix dans les grandes agglomérations. Récemment, Century21 faisait part d’une montée en puissance des secondo-accédants et des investisseurs face à la pénurie de biens sur le marché de la transaction, notamment à Paris. La ministre se veut ainsi confiante sur ce point, en prédisant que « l'argent redéployé sur le nouveau prêt à taux zéro, avec des plafonds à la hausse, va accroître la solvabilité des ménages ».
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