Le recul de l'activité dans le bâtiment en Rhône-Alpes menace le tissu des entreprises. Des entreprises et des compétences peuvent disparaitre alors que la formation des jeunes prend du retard.
Le secteur du bâtiment en Rhône-Alpes connait une crise sans précédent depuis 1975, avec 33 000 logements construits en un an à la fin du mois d'août, contre 31 500 logements construits il y a trente ans. Le nombre de logements mis en chantiers a reculé a reculé en moyenne de 22,5%, avec des baisses de 28% dans la Loire et même de 37% dans le Rhône, département il est vrai très actif.
Le secteur de la rénovation est aussi en panne. Il permet souvent de rebondir quand la construction neuve s'essouffle. Le marché des locaux d'activité recule aussi, en un an de 12,4%. Les conséquences de cette situation sont gravissimes, ont rappelé ce lundi Jacques Blanchet et les présidents des fédérations du Bâtiment des départements de Rhône-Alpes. Si rien n'est fait, la situation va continuer à se dégrader fortement, avec des conséquences très lourdes sur l'emploi. Le secteur du bâtiment a perdu plus de 6000 emplois en Rhône-Alpes ces quatre dernières années. Il pourrait en perdre autant en une année, plus de 6000 en 2015.
La situation menace le tissu même des entreprises. des entreprises en difficultés sont de plus en plus directement liquidées lorsque leur dossier est examiné par les tribunaux de commerce. Des entreprises, parfois très anciennes, plus que centenaires, peuvent disparaitre. Des compétences peuvent disparaitre, et avec elle la capacité de répondre aux besoins de la modernisation du patrimoine bâti. L'incertitude dissuade les chefs d'entreprises d'embaucher et de former. Alors que 5% des entreprises sont déjà reconnues Garantes de l'Environnement, que 4 à 5% d'autres pourraient l'être d'ici à la fin de l'année, les rendez-vous de la rénovation thermiques risque quand même d'être compromis.
Les collectivités invitées à bouger
La Fédération du Bâtiment de Rhône-Alpes a présenté ce lundi 17 propositions à prendre rapidement, en attendant l'effet de mesures de fonds qui devraient ne porter de résultats que dans 12 à 18 mois. Les responsables du secteur du bâtiment rencontreront le 25 novembre le préfet de Région qu'ils n'ont pu rencontrer ce lundi.
Ils ont commencé à rencontrer des parlementaires et élus des collectivités. La Fédération Régional du Bâtiment de Rhône-Alpes, se tourne vers les collectivités territoriales, mais leurs exécutifs doivent faire des choix en faveur de l'investissement. Le bâtiment représente 30% des investissements des collectivités.
Or pour le moment beaucoup de collectivités ne font pas de bons choix. Certains réagissent à la baisse des dotations de l'Etat, en augmentant les impôts et en réduisant les investissements. Des collectivités remettent même en cause des opérations autorisées par des permis de construire. Le changement de couleur des municipalités lors des dernières élections a ajouté de l'instabilité.
La Fédération du Bâtiment demande aux élus d'agir en faveur de l'investissement, comme l'a annoncé le maire de Thonon les Bains. Les collectivités doivent maintenir les projets de rénovation de leur patrimoine, ne pas faire baisser les prix, réduire les dépenses de fonctionnement inutiles. Les communes ont aussi comme l'Etat, un rôle à jouer contre la fraude dans le secteur de la construction. Les polices municipales peuvent être habilitées à contrôler si des travailleurs européens, sur des chantiers détiennent bien une carte attestent de leur situation régulière. En cas de situation irrégulière, il serait facile de réagir. A condition de le vouloir.
