La CGL a fait un point avec plusieurs acteurs sur la situation du marché du logement, et les possibles solutions à la crise.
La CGL a présenté hier son analyse de la situation du marché du logement. La confédération avait demandé à des acteurs phares du logement, comme ORPI, la Fondation Abbé Pierre et la Fédération Française du Bâtiment de partager leur vision.
Selon la Fondation Abbé Pierre, 5 millions de personnes sont considérées comme mal-logées en France. Selon Christophe Robert, délégué de la Fondation Abbé Pierre, ces chiffres alarmants pointent du doigt le manque de volonté politique et sociale pour éradiquer ce fléau. « Nous avons affaire à un paradoxe » confie Christophe Robert, « d’un côté, on assiste à une fragilisation des ressources des ménages, une augmentation des travailleurs pauvres et des demandeurs d’emploi, et de l’autre un coût du logement qui ne cesse d’augmenter ».
Pour la FFB, le logement en France est globalement trop cher par rapport à la réalité des ressources et cela a un grand impact sur la société dans son ensemble. « Le marché du mal-logement est un marché d’équilibre faible, si on tire un peu trop sur le balancier, tout se bloque, c’est exactement ce qui s’est passé ces dernières années » indique Jacques Chanut, Président de la Fédération Française du Bâtiment dans le communiqué de la CGL.
Pour lui, la loi Alur a engendré un sentiment d’insécurité chez les propriétaires dont certains se sont retirés du marché de la construction. Les conséquences de cette baisse des investissements sur le marché du logement sont simples : s’il y a moins de constructions, il y aura moins de logements à la location. Un constat aussi remarqué par Bernard Cadeau, président de l’ORPI qui conclut « les demandes de logements ont augmenté considérablement ces dernières années, mais le parc de logement disponible, quant à lui, n’a pas suivi ».
Quelles solutions ?
Pour Christophe Robert de La Fondation Abbé Pierre, il faut mettre en place un plan pluriannuel afin d’avoir une vision plus globale des financements à venir. Ce plan contiendrait un budget pour les logements sociaux, les maisons relais et la prévention des exclusions mais aussi pour accompagner davantage les propriétaires. Selon lui, les propriétaires seraient prêts, s’ils sont sécurisés au niveau des réparations et du prix des loyers - à jouer le jeu de la carte sociale.
Pour Jacques Chanut, de la Fédération Française du Bâtiment, la clef réside dans « l’inversion des courbes », faire baisser la fiscalité pour supprimer les aides. Peu à peu les choses pourraient revenir à la normal et l’investissement pourrait repartir.
Pour Bernard Cadeau, le président de l’ORPI, « il faut se donner les moyens de construire davantage, là où il y a beaucoup d’activité ». Le gouvernement évoque souvent les plans de constructions neuves, mais il faut aussi axer les financements sur les rénovations. Des centaines de milliers de logements, aujourd’hui, ne peuvent pas être loués car ils ne sont pas aux normes ou ne donnent pas envie. Des financements pourraient permettre de réduire les logements vacants dans le parc ancien disponible.
