Une étude de l’INSEE publiée mardi 21 février constate qu’une majorité de Français est propriétaire de son logement. Mais l’accès à la propriété est devenu, ces dernières années, plus difficile.
L’Insee a publié mardi 21 février une étude portant sur les conditions de logement en France. L’occasion pour l’institut statistique de faire un point sur l’accès au logement par les français. L’un des enseignements centraux de l’étude est en effet que l’accès à la propriété recule depuis la crise de 2008. L’année 2013 a, en cela, marqué un point bas du taux d’accès à la propriété. Cette année-là, seulement 11,4 % des ménages qui n’étaient pas propriétaires durant les 4 ans précédents sont devenus propriétaires. Soit un nadir depuis 1996. Ce taux était de 13,4 % en 2006.
Endettement
La France de propriétaires rêvée par certains hommes politiques apparait donc toujours comme un horizon lointain. En 2013, la part des ménages propriétaires de leur résidence principale se montait à 57,9 %. Le nombre de propriétaires augmente donc toujours, mais cette progression est bien moins rapide qu’auparavant. L’une des raisons de cette moindre augmentation est sans doute à trouver du côté de la hausse du coût d’achat de sa résidence principale. Il fallait en 2013 4,7 années de revenus, contre 3,4 années 10 ans auparavant. Les prix des logements anciens ont en effet augmenté de 150% entre 1996 et 2016, alors que, dans le même temps, le revenu disponible brut par ménage ne progressait que de 40%.
Conséquence logique : le recours à l’emprunt est donc, de plus en plus, pour les candidats à l’accession un passage obligé. 8 achats immobiliers sur 10 se font en effet à crédit. En nombre d’années de revenus, les accédants empruntent davantage qu’il y a 10 ans. Le montant de l’emprunt atteint en effet 3,5 années de revenus sur la période 2009-2013, alors que ce ratio s’élevait seulement à 2,4 ans sur la période 1998-2001. Parallèlement, la capacité d’achat à crédit a nettement augmenté dans les 30 dernières années, à la faveur d’une baisse des taux d’intérêts et d’un allongement des maturités d’emprunt. Par ailleurs la part de l’apport personnel et de plus en plus importante. L’apport se montait à 15% au début des années 80. Il est désormais, au minimum, de 25%.
Des locataires
L’autre volet de l’étude concerne les locataires. Ces derniers sont plus pauvres qu’auparavant : on compte désormais 42% des ménages les plus modestes au sein des locataires, contre 25% en 1984. La hausse des loyers explique en partie ce fait, ceux-ci ayant fortement augmenté depuis le début des années 80 alors même que l'on assistait à une stabilisation du revenu moyen. On observe d’ailleurs que 10 % des ménages les plus pauvres sont à 74 % locataires, une proportion qui n’était que de 50 % en 1973.
L’étude montre par ailleurs une part toujours plus importante de demandeurs de logement social. En 2013, la part des ménages demandeurs d’un logement social depuis plus d’un an s’élevait à 49,4 %, contre 35,9 % en 1996.
