<p>François Decoster (SDH/LPI)</p>
Le collectif, qui opère notamment dans le quartier de la Part Dieu à Lyon, a été désigné lauréat par un jury qui s’est réuni le 25 mai.
A l’initiative du ministère en charge de l’urbanisme, le jury, qui s’est réuni le 25 mai dernier, a décerné le grand prix de l’urbanisme à l’AUC (Caroline Poulin, Djamel Klouche et François Decoster). Il leur sera remis a la fin de l’année par la ministre.
Le Grand Prix de l’urbanisme, qui avait été créé en 1989, distingue chaque année une personnalité reconnue par un jury international. Il valorise l’action des professionnels qui contribuent à faire avancer la discipline et à améliorer le cadre de vie des habitants de tous les territoires.
Le jury a désigné cette année le collectif de l’AUC, « dont le parcours révèle un art certain pour réinventer des territoires abîmés, imaginer des formes urbaines conciliant densité et cadre de vie, et proposer de nouveaux ‘communs’ notamment en révélant le potentiel des « rez-de-chaussées » et des espaces publics », note le ministère de la Transition écologique.
Nouvelles formes d’habitat
« Leurs réalisations démontrent leur capacité à proposer de nouvelles formes d’habitat, relevant les défis sociaux et environnementaux de notre époque. L’équipe de l’AUC se distingue par une intelligence des situations, pour lesquelles ils proposent des solutions opérationnelles «sur mesure», adaptables et créatives », poursuit-il.
L’AUC a été fondée en 1996 par les architectes urbanistes, Djamel Klouche, Caroline Poulin et François Decoster, nés en 1966. Alessandro Gess, architecte à l’agence depuis plus de dix ans, est devenu associé en 2021.
L’équipe a été repérée par Europan pour un projet sur les grands ensembles dans le nord de Paris. Mobilisée sur les Courtilières à Pantin, elle a développé ses modes de faire par « l’activation du territoire » à partir de son identité « ici comme plus tard », ils l’ont réalisé aussi sur le quartier Mistral à Grenoble. C’était la plus jeune équipe mobilisée par la consultation du Grand Paris, elle s’est faite remarquer par une proposition « 100% métropolitain, 100% délicat » pointilliste et multiple.
Grand nombre de projets urbains
Un grand nombre de projets urbains est à leur actif, dont Fives Cail à Lille - où ils reconvertissent une friche industrielle avec un programme ouvert dont une halle gourmande - mais aussi Chapelle International au nord de Paris, un projet mixte qui rend aimable la ville dense, où ils développent leur concept baptisé SoHo (Small office Home office) qui consiste à superposer lieux d’habitations et lieux d’activités par un même locataire bureaux, les seconds étant occupés par les locataires des premiers.
C’est le cas de la régénération du quartier Lyon-Part Dieu, projet qui vise à conférer de l’urbanité à un projet sur dalle des années 70 en le tissant avec la ville. Parmi les autres projets, on trouve le plan du nouveau quartier Pleyel à St-Denis, conçu comme une tête de réseau au cœur de Plaine-Commune territoire de la culture et de la création.
Nombre d’autres projets peuvent être cités mais il est intéressant de noter l’engagement de Djamel Klouche sur Alger pour tenter de trouver des liens entre la ville et la mer, dans un contexte qui s’y prête peu.
Leur agence constitue un vivier ayant permis de former des jeunes professionnels qui volent aujourd’hui de leurs propres ailes. En parallèle, Djamel Klouche et François Decoster enseignent respectivement à l’Ecole Nationale Supérieure d’Architecture de Versailles et à la School of Design and Environment de l’Université Nationale de Singapour.
Deux nominés
Le jury a également salué la très haute qualité des deux nominés, à savoir Laurent Davezies et TVK.
Laurent Davezies est un économiste urbain, enseignant, consultant pour des institutions françaises et étrangères et auteur de nombreux ouvrages parmi lesquels « La République et ses territoires », La « crise qui vient ou encore », « Le nouvel égoïsme territorial », et plus récemment « L’Etat a toujours soutenu ses territoires ». Ses travaux portent sur des questions de développement régional et urbain, il analyse les mécanismes de redistribution interterritoriale des revenus liés aux budgets publics et sociaux.
Ses travaux ont nourri des politiques urbaines locales, nationales et internationales. Il a mené de nombreux diagnostics territoriaux pour les collectivités territoriales, notamment pour Paris où il a dans le cadre du PLU, le Puy-en-Velay, le Pays Basque, le Nord-Pas-de-Calais, Brest et le Finistère, l'Hérault, la communauté d'agglomération de Nice, ou encore celles de Saint-Nazaire et de Nantes.
L’autre nominé était TVK (Pierre Alain Trévelo, Antoine Viger-Kohler). Pierre-Alain Trevelo et Antoine Vigier-Kohler, sont architectes urbanistes, ils ont fondé TVK en 2003. Ils se sont fait connaître pour leur travail sur les infrastructures, avec des projets autour du périphérique parisien comme celui de la porte Pauchon et le réaménagement de la place de la République. Dans le même esprit, ils sont lauréats des places du Grand Paris, et ont réalisé des projets architecturaux et urbains comme Clichy Batignolles, porte de Montreuil, Eole Evangile et Garonne Eiffel à Bordeaux, mais aussi à l’international dont Bruxelles. Ils viennent de publier « La terre est une architecture », livre qui porte un regard critique autant que prospectif sur les modes d’aménager la Terre. Il accompagnera l’installation monumentale présentée à la 17ème Biennale d’architecture de Venise en ce mois de mai.
Le jury du « Grand prix de l’urbanisme 2021 » était présidé cette année par Stéphanie Dupuy-Lyon.
