La Fédération Nationale des Safer a indiqué hier avoir constaté un reprise des prix du foncier en milieu rural.
La Fédération Nationale des Safer a annoncé hier avoir constaté une reprise des prix du foncier rural l’an dernier. Le prix de la terre agricole a en effet atteint les 5 230 euros l’hectare, soit une progression de 1.9% qui fait suite à un repli de 0,4 % l’année précédente.
La reprise du marché immobilier s’est semble-t-il faite sentir sur le marché du foncier rural. La Fédération national des Safer note ainsi que les particuliers sont revenus l’an dernier sur les marchés des maisons à la campagne et des terrains à bâtir. Les investisseurs, quant à eux, sont revenus sur des valeurs refuge, comme les biens agricoles et forestiers, bâtis ou non bâtis.
La Safer note dans le même temps une contraction du marché agricole, c'est-à-dire la diminution des terres disponibles. Un phénomène qui s’explique notamment par la progression du fermage, la diminution des surfaces agricoles, l’extension urbaine et le développement des formes sociétaires en agriculture. De plus en plus, l’espace rural est ainsi voué à une fonction résidentielle, qui « prend le pas sur la fonction de production ». Pour la quatrième année consécutive, le marché de l’urbanisation (3,6 milliards d’euros) dépasse ainsi en valeur le marché agricole (3,4 milliards d’euros).
Un « gaspillage des terres »
De ce fait la Safer dénonce un « gaspillage des terres agricoles », alors même que la demande alimentaire, d’énergie « verte » et de biomatériaux, s’accroît. « La lutte contre le réchauffement climatique nécessite le maintien, voire le développement de la forêt » note la Safer, qui parle d’une niveau « critique » pour celle-ci. « Déjà, l’Europe, en bilan net, importe une production agricole équivalente à celle de 36 millions d’hectares, surface agricole dépassant celle de l’hexagone. Nous devons préserver notre potentiel agronomique. Il n’y a donc plus un hectare à perdre » juge ainsi la Safer. « Dans les zones d’extension urbaine, les propriétaires font de la rétention dans la perspective de plus-values » dénonce en outre la fédération des SAFER. Parallèlement, les agriculteurs diminuent leurs achats pour la seconde année consécutive.
Autre fait dénoncé par la SAFER : les plus-values immobilières, réalisées sur les terrains destinés à l’urbanisation et sur les bâtiments quittant l’usage agricole, et évaluées à 6 milliards d’euros, échappent « très largement au secteur agricole ». « Les agriculteurs n’en récupèrent que 4 à 6 %» indique-t-elle.
