Grégory Doucet (SdH/LPI)
Suite à la suppression des zones à faibles émissions mardi par l’Assemblée nationale, le maire de Lyon a évoqué une mesure propre à impacter négativement la santé des Lyonnaises et des Lyonnais.
L’Assemblée nationale a adopté, ce mardi, la suppression des zones à faibles émissions (ZFE). La mesure, si elle a été saluée par la Métropole, a été inversement fustigée par le maire de Lyon, Grégory Doucet. Ce dernier s'inquiète ainsi «d’une future dégradation de la qualité de l’air avec un impact direct sur la santé des Lyonnaises et des Lyonnais».
« Les zones à faibles émissions ne sont pas un problème, mais une solution. Le dispositif existant, permis d’accompagner et même d’accélérer la transformation du parc automobile français. A Lyon, on commençait d’ailleurs tout juste à en ressentir les effets avec une baisse significative de la pollution. Ce dispositif et son accompagnement méritaient d'être renforcés, pas d’être supprimés.»
Grégory Doucet, maire de Lyon
Une exposition moyenne en recul
La Ville rappelle qu’entre 2019 et 2024, l'exposition moyenne des habitants de Lyon au dioxyde d'azote a diminué de 34%, tandis que l'exposition aux particules fines a reculé de 18% (chiffres ATMO AURA). «Derrière ces chiffres, une réalité : l'air est moins pollué à Lyon», note la Ville.
« Aujourd'hui, l’État prend le risque de faire revenir des véhicules très polluants dans les villes, et ainsi d'augmenter la pollution de l'air. Les grands perdants de ce vote de l’Assemblée nationale, ce seront les Lyonnaises et les Lyonnais et notamment les plus fragiles : les enfants, les aînés, les habitants des quartiers populaires. »
Grégory Doucet
La Ville est en outre revenue sur les répercussions économiques impliquées par ce dispositif, évoquées par certains députés lors du débat parlementaire, mais aussi, la veille, par la nouvelle présidente de la Métropole de Lyon. Véronique Sarselli avait salué mardi la suppression des ZFE en dénonçant «une mesure anti-économique dont les conséquences ont directement pesé sur les habitants et les actifs». La Ville a rétorqué mercredi en rappelant que «la pollution de l'air coûte cher à la France». «D’après un récent rapport de Santé publique France, la pollution atmosphérique génère un poids économique considérable liés à ses impacts sur la santé : un coût sanitaire qui dépasserait les 16 milliards d'euros par an», note-t-elle.
La Ville de Lyon a ainsi tenu à réaffirmer sa volonté de préserver les zones à faibles émissions sur son territoire et appelé le gouvernement à revenir sur cette décision en renforçant l'accompagnement des propriétaires pour le changement des véhicules les plus polluants.
