Véronique Sarselli (SdH/LPI)
Suite à une plainte pour viol déposée contre un ancien communicant de Jean-Michel Aulas lors de sa campagne des municipales, la présidente de la Métropole de Lyon, Véronique Sarselli appelle à une mise en retrait des fonctions représentatives des élus cités nominativement dans la presse.
Les informations de BFM Lyon évoquant une plainte pour viol déposée le 13 mai par une ancienne militante lyonnaise de Coeur Lyonnais, le mouvement politique de Jean-Michel Aulas, ne cessent de susciter des remous dans la majorité métropolitaine. Ladite plainte viserait Roman Abreu, ex-directeur de la communication de cette campagne pour des faits qui se seraient déroulés en janvier, lors de la campagne de l’ancien président de l’OL. «Le Monde» a pour sa part révélé qu’une enquête préliminaire pour viol aggravé avait été ouverte par le parquet de Lyon. La militante affirme, au sein de sa plainte, qu’elle aurait été abusée par soumission chimique. Une accusation «que conteste fermement et avec sérénité» l’avocate de Roman Abreu.
Jean-Michel Aulas refuse cette demande de retrait
Jean-Michel Aulas aurait été, selon les informations que BFM a recueillies auprès de l’ancien candidat, mis au courant des faits le 13 février. Il aurait alors organisé une réunion avec la militante et Laure Cédat - devenue depuis vice-présidente de la Métropole - et une autre avec Roman Abreu qui évoque lui une relation consentie, ce que dément la militante. Jean-Michel Aulas aurait alors conseillé à celle-ci de porter plainte, ce qu’elle n’a pas fait immédiatement, mais trois mois plus tard. L’ancien président de l’OL aurait, suite à ces entrevues de la mi-février, écarté le communicant des locaux de campagne où était souvent présente la plaignante. Il serait toutefois resté présent sur les évènements extérieurs et les meetings.
Face à ces révélations, une réunion du groupe de la majorité métropolitaine a été organisée ce jeudi par Véronique Sarselli. A cette occasion, la présidente de la Métropole a demandé, comme elle l’avait déjà fait plus tôt dans la journée, à Jean-Michel Aulas, Emmanuel Imberton et Laure Cédat, de se mettre en retrait de leurs vice-présidences.
« Je suis profondément choquée des faits rapportés par la presse. Si elles sont avérées, les accusations relayées sont très graves. Les violences sexuelles faites aux femmes sont évidemment un sujet auquel je suis particulièrement sensible. Je fais confiance à la justice pour qu’elle travaille rapidement et que toute la lumière puisse être faite sur cette situation. Compte-tenu de la gravité des accusations qui touchent au conseiller politique de Jean-Michel Aulas sur la campagne Cœur Lyonnais pour les municipales et, dans l’attente du prolongement de l’enquête, j’ai demandé à rencontrer tôt ce matin les 3 élus de la Métropole cités nominativement dans les médias. Suite à cette rencontre, je leur ai demandé de se mettre en retrait de leurs fonctions représentatives de la Métropole de Lyon en respect de la victime présumée et de l’institution qu’ils représentent. »
Véronique Sarselli
«Nous ne pouvons accepter cette demande de retrait », a toutefois répondu dans un communiqué cité par plusieurs médias Jean-Michel Aulas, indiquant ne pas être mis en cause, ni impliqués dans la procédure judiciaire en cours. Rappelons que l'ancien homme fort de l'Olympique Lyonnais est le 1er vice-président de la Métropole délégué au rayonnement et partenariats métropolitains, à l'innovation et aux grands projets.
Le groupe Grand Cœur Lyonnais en soutien à la présidente
Dans la soirée, le groupe Grand Cœur Lyonnais, qui s’est réuni ce jeudi, a indiqué dans un communiqué que les membres du groupe apportaient «tout leur soutien à la victime». Selon eux, «les faits révélés par la presse, s’ils devaient être confirmés par l’autorité judiciaire, sont d’une extrême gravité». Ils affirment ainsi que «ces faits qui se seraient déroulés dans le cadre d’une campagne électorale municipale, par un responsable placé sous l’autorité des candidats cités dans cette affaire, exigent que la Justice puisse travailler sereinement».
Aussi, le groupe présidé par l’ancien ministre François-Noël Buffet indique soutenir «la décision de la présidente de la Métropole Véronique Sarselli de demander aux trois élus concernés de se mettre en retrait de leurs fonctions représentatives de la Métropole de Lyon».
