La place de Milan (SdH/LPI)
Celui-ci présenterait «des risques graves pour la sécurité de ses occupants».
Le Tribunal judiciaire de Lyon a rendu une décision fin août sur l’occupation du bâtiment B11 de l'îlot Milan, situé dans le 3e arrondissement de Lyon. Il a ainsi ordonné la libération de cet immeuble occupé depuis le 6 mars dernier par environ 280 personnes, principalement des femmes et près de 70 enfants. Selon le tribunal, ce bâtiment désaffecté présente d'importants risques pour la sécurité et la santé de ses occupants.
Selon un communiqué de la Métropole, «les expertises produites dans le cadre de la procédure ont notamment mis en évidence des risques critiques d'incendie liés à l'état des installations électriques, ainsi que des risques de chute d'éléments du bâti et des risques sanitaires».
La Métropole de Lyon avait, face à cette situation, saisi la justice afin qu'elle puisse apprécier objectivement les conditions de sécurité du bâtiment. À l'issue de la procédure, le Tribunal judiciaire a ainsi ordonné la libération des lieux et, à défaut, l'expulsion de leurs occupants.
«Dans son ordonnance particulièrement motivée, le juge considère notamment que le droit au logement et la protection des personnes vulnérables ne peuvent conduire à maintenir des familles et des enfants dans un immeuble présentant des risques sérieux pour leur sécurité et leur santé.»
Métropole de Lyon
Le juge a également souligné «que la mesure visant à mettre fin à l'occupation apparaît ‘nécessaire à la protection des occupants eux-mêmes contre les risques auxquels leur maintien dans les lieux les expose’, et estime que la juridiction ne peut autoriser leur maintien compte tenu du ‘caractère mortifère des risques’ constatés».
« Nous avons pris nos responsabilités en saisissant la justice. Elle confirme dans sa décision que cette situation ne pouvait pas perdurer et que la protection des personnes vulnérables ne peut consister à les maintenir dans un lieu qui met leur sécurité et leur santé en danger. »
Véronique Sarselli, présidente de la Métropole de Lyon
Le collectif « Solidarités Femmes à la Rue » a réagi à cette annonce en fustigeant cette décision.
"Nous avons des enfants, des femmes enceintes, les personnes malades et âgées qui ne savent pas où aller. Cette décision nous condamne à la rue et à ses dangers. Faire vivre des enfants à la rue est un crime. C'est les priver de sécurité, de stabilité et de leur droit à vivre dignement. Comment peut-on prendre une telle décision ? La Métropole a-t-elle encore un peu d'humanité ?"
Collectif « Solidarités Femmes à la Rue »
