« Une moyenne de 2500 euros le mètre carré à Décines »

Pierette Baconnet, responsable de l’agence Guy Hoquet de Décines, nous parle du marché immobilier de la ville.

Quel est le type d’habitat sur Décines?

Décines était jusqu’à il y peu de temps une petite commune. Elle s’est construite entre les années 30 et les années 60. Suite au boom démographique, la commune a également connu une période de construction dans les années 70. En représentation, il y a donc beaucoup d’immeubles de ces années-là. Or durant cette période, on construisait beaucoup de T3-T4. Toutefois, on trouve également sur la ville des T2 et quelques T5. Dans les immeubles plus récents, ils ont plus mis l’accent sur les petites surfaces, avec toutefois plus de T1bis que de studios de 20m². Comme Décines n’est pas à proximité des facs, il y a peu de demande sur ce type de biens.

L’arrivée du tramway a-t-elle changé le marché immobilier de Décines ?

Cela s’est ressenti du jour au lendemain : le tramway a totalement changé la demande. Avant l’arrivée du tramway, on était sur une commune un peu boudée. On avait du mal avec certains lyonnais qui hésitaient à franchir le pas d’acheter à Décines. Du jour au lendemain, les promoteurs ont construit de nouveaux immeubles, une nouvelle offre a émergé, et cela a valorisé la commune. Avec le tramway, on est à désormais à 15 minutes de Part-Dieu, et à 6 minutes du terminus Carré de Soie, où le métro permet d’accéder à l’ensemble de Lyon. On reste en même temps proche des pôles de verdure, du Grand Large et des chemins de halage, ainsi que des commerces avec le centre commercial du Carré de Soie. Les gens qui étaient sur des zones denses, type Villeurbanne, plus urbains et qui cherchent un peu de verdure se tournent vers nous. Il y a en outre une vie associative importante qui est intéressante pour les familles. Par ailleurs, on est vite hors de Lyon. Nous sommes dans un cadre moins urbain que le centre de Lyon, tout en ayant tout sous la main.

Sur les maisons, retrouve-t-on également ces différentes strates de construction ?

Nous avons quelques maisons des années 50-60 avec des terrains de 1000m². Après, nous avons des maisons sur des maisons des années 70-75 sur des terrains de 500 à 600 m², puis une nouvelle vague de construction dans les années 1990-2000. Maintenant, ce mouvement de construction est freiné par le manque de terrains disponibles. Quand le foncier est disponible, c’est du foncier bâti. Des maisons des années 40-50 avec beaucoup de terrains permettent à des promoteurs d’abattre l’existant pour reconstruire des immeubles neufs.

Sur les appartements, quel est le prix au mètre carré ?

Sur l’ancien, nous sommes près d’une moyenne de 2500 euros du mètre carré. Ce prix constitue une moyenne à la vente, et non pas à la mise en vente. Les vendeurs pensent souvent que ça vaut un peu plus, mais les négociations se font au final plus souvent entre 2300 et 2600 euros, suivant l’état et la superficie. Pour une superficie de 55m², on sera plus proche des 2500-2600 euros du mètre carré sur des immeubles des années 70. Pour les immeubles de 80m², on sera plus proche des 2400 euros.

Et sur les maisons, quels sont les prix appliqués ?

Pour une maison individuelle, il faut compter au minimum 300.000 à 320.000 euros. On aura pour ce prix une maison des années 70. Les facteurs déterminants pour le prix seront l’individualité et la taille du terrain. Ils veulent avant tout de l’individuel, et ne veulent pas faire de compromis sur du mitoyen. On ne descendra donc pas au-dessous de ce seuil en termes de prix. Le plus gros de la transaction sur le secteur se fait entre 300.000 et 360.000 euros. Les gens qui ont la capacité arrivent par ailleurs à faire correspondre le bien à leurs attentes. Suivant le type de maison ou l’ancienneté, ils décideront ainsi de faire des travaux ou pas. Une partie non négligeable des maisons partent même au-delà de ces prix : certains biens se sont vendus à 500.000-550.000 euros.

Y a-t-il eu beaucoup de programmes neufs sur Décines ?

Il y en a eu beaucoup ces trois dernières années, et certains programmes sont toujours en cours. Les promoteurs font soit de l’investissement Scellier, soit de la résidence principale.

En 2008, aviez-vous connu un coup de frein sur l’activité?

Il y a eu un coup de frein les deux trois premiers mois. Les gens ont eu un peu peur d’acheter, sans toutefois que cela ait totalement bloqué l’activité. Il y a eu une baisse des prix par rapport à 2007 et début 2008. On a retrouvé depuis les niveaux de prix sur certains produits.

En ce début d’année, avez-vous observé un impact l’impact de la remontée des taux d’intérêts ?

Pour le moment, non. Ils viennent juste de commencer à remonter et restent pour l’heure à un niveau très intéressant…

Et sur le DPE, avez-vous ressenti une évolution particulière ?

Les gens qui visitent sélectionnent les Diagnostics de Performance Energétique qui leurs sont favorables. Car le prêt à taux zéro et le 1% logement sont moins intéressants si la note est inférieure à D. Quand on a un diagnostic pas très favorable, ça influe donc directement au niveau du prix. On explique donc aux vendeurs que le prix de vente va être un peu inférieur au bien disposant d’une bonne note, en raison des travaux que l’acquéreur va être obligé d’effectuer pour le remettre aux normes. En tant que professionnel, on trouve que la fiabilité des DPE n’est pas toujours au rendez-vous. Le DPE existe depuis plus de deux ans. Or les premiers DPE étaient peut-être moins vertueux que maintenant, et n’avaient pas à l’époque cette valeur couperet. Pourtant ils sont valables dix ans.

Est-ce vos clients expriment des craintes vis-à-vis du projet du Stade des Lumières ?

C’est très partagé. Il y a des gens qui pensent que cela va être un plus pour la commune, et ceux qui pensent le contraire. Les gens ne savent pas comment le stade va être aménagé, notamment les accès. Souvent, les gens qui cherchent en amont évitent d’eux-mêmes le secteur. Lorsque l’on fait des visites avec des clients qui ne savent pas que l’on est proche de la zone du stade, on a des réactions très partagées. Même chez les décinois, c’est très partagé. Pour le moment, on reste dans l’expectative. En tant que professionnels, nous ne sommes pas plus informés que le quidam moyen de l’arrivée ou non du stade. Nous informons donc les gens qui viennent nous voir du projet avec les informations que nous avons en notre possession. Néanmoins, à part le quartier du Montoux, le reste de Décines n’est pas vraiment impacté par le projet OL Land.

 






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