Le fossé se creuse entre Lyon et la deuxième couronne

Selon Véronique Coitou, responsable de l’agence Century 21 de Chazay d’Azergues, les marchés immobiliers de Civrieux d’Azergues, Marcilly et Chazay d’Azergues sont actuellement moins dynamiques que ceux de l'agglomération lyonnaise.

 

Comment évolue le marché immobilier sur Civrieux d’Azergues, Marcilly et Chazay d’Azergues ? Avez-vous senti un ralentissement depuis le début de l’année?

Oui. La hausse des taux y est sans doute pour quelque chose. On a une clientèle de cadres, cadres supérieurs, qui sont en outre sensibles à l’environnement politique, qui incite à l’attentisme. Le troisième facteur est sans doute la hausse des prix de l’essence, une certaine clientèle préférant, vis-à-vis de ce phénomène, se rapprocher de Lyon, au détriment de communes de notre secteur. Nous avons beaucoup d’acquéreurs au-dessus de 500.000 euros, mais également en-dessous de 300.000 euros. Par contre, la partie entre 300.000 et 500.000 euros, qui représente 80% de notre clientèle, est, elle, plus insaisissable, et très indécise. Les clients font des visites et disparaissent, ou se mettent en stand-by en attendant que les prix baissent. L’acquéreur qui réclamait un certain type de produit pour 350.000 nous demande aujourd’hui le même produit pour 300.000 euros.

Comment voyez l’année 2011 ?

Je pense que la tendance actuelle ne va pas s’améliorer. Le seul espoir, égoïstement au niveau du métier, est que des vendeurs soient de nouveau obligés de vendre. Il y a aujourd’hui peu de vendeurs, et en face des acheteurs qui sont opportunistes, et plutôt en position de force. Ces derniers sont très durs au niveau de la proposition. Il y a du coup un écart qui se creuse entre l’appel d’offre du vendeur et la proposition de l’acheteur…

Il y a également un écart de plus en plus grand entre le marché immobilier de l’agglomération lyonnaise, et celui de la deuxième couronne. J’ai souvent des réunions avec des confrères du réseau qui travaillent plus près de Lyon, et ces derniers ne sont pas du tout sur le même marché. Ils travaillent souvent en flux tendu : un bien rentré le matin peut partir dans la journée. Sur notre marché, on compose avec des clients attentistes. Et lorsque l’on parle avec les autres agents immobiliers du secteur de Chazay, on se rend compte que l’on est sur un marché totalement différent de celui de Lyon.

Avez-vous senti un impact du DPE et de son impact sur le financement des biens depuis le début de l’année ?

Les gens cherchent en effet à obtenir une bonne note, le DPE conditionnant l’obtention de bonnes conditions pour le PTZ+. Nous travaillons avec des diagnostiqueurs qui analysent des biens et qui portent une note sur celui-ci. Or certains propriétaires reviennent avec un diagnostic plus favorable réalisé par un autre diagnostiqueur. Lors de la transaction, nous n’avons toutefois pas de négociation à proprement parler sur le DPE, car, en amont, au niveau de l’affichage, nous sommes obligés de faire référence au DPE. L’acquéreur n’appellera pas si un certain critère de produit. Il y a toutefois des délais de transaction plus importants pour les produits disposant d’un mauvais DPE.

Quel sont les biens types présents sur la région de Chazay d’Azergues?

Le bien commun est une maison de 100 à 120 mètres carrés habitables avec 900 m² de terrain. Nous avons très peu d’appartements en centre-village, alors qu’ils sont très recherchés. Ce genre de biens intéresse surtout les personnes âgées qui revendent leur maison.

Quels sont les niveaux de prix pour les appartements?

Par rapport aux derniers biens vendus, on tourne autour des 3000 euros du mètre carré.

Et pour une maison ?

Pour une maison sur Chazay, il faut compter 350.000 euros pour les biens types.

Les prix sont-ils identiques sur les trois villages, Chazay d’Azergues, Marcilly, ou Civrieux d’Azergues ?

Oui, ce sont trois environnements différents, mais les prix sont homogènes. Chazay d’Azergues est un village classé parce que médiéval. On y trouve des commerces, un collège, et des transports. La vie associative y est très présente. Le village attire une clientèle de cadres, cadres supérieurs d’une quarantaine d’années, qui veut offrir un cadre privilégié à ses enfants. Beaucoup repartent à la retraite, lorsque les enfants quittent la cellule familiale. Civrieux est un village connu par les lyonnais parce qu’au cœur d’un axe très passant. Civrieux est lui plus prisé par sa localisation : on sort de la vallée et on est très rapidement sur Lyon. Marcilly est le même marché que Chazay, mais là encore l’environnement est différent: il n’y a qu’un commerce à Marcilly, et peu de transports en commun, mais le cadre est tellement privilégié que ça n’arrête personne.Selon Véronique Coitou, responsable de l’agence Guy Hoquet de Chazay d’Azergues, les marchés immobiliers de Civrieux d’Azergues, Marcilly et Chazay d’Azergues sont actuellement moins dynamiques qu'à l'intérieur de l'agglomération lyonnaise.

Au niveau des transports, le secteur est assez bien doté…

On est à 10 minutes des axes autoroutiers, et on a également deux gares TER, l’une à Chazay-Marcilly et l’autre à Lozanne.

A-t-on beaucoup de constructions neuves sur le secteur ?

On a des programmes neufs dans la région : on en a un sur Chazay, et un autre sur Limonest. Sur les lotissements, il n’y a pas, pour l’heure, de pénurie de foncier. Il y a des maisons qui se construisent. Sur Civrieux, on est ouvert au PLU, ce qui n’est pas encore le cas sur Chazay et Marcilly. La politique actuelle est de densifier le centre village. Les coefficients d’occupation des sols (COS) sont passés de 0.2 à 0.6. Il y a du coup beaucoup de parcelles plus petites qui se vendent, et même des divisions de propriété. Il y a quelques années, ce dernier phénomène était très peu courant : aujourd’hui, c’est devenu banal. La parcelle minimum auparavant était de 900 m², avec un COS de 0.2. On avait donc un maximum de 180m² à construire. Aujourd’hui, en zone U (zone à urbaniser) on a plus de minimum de parcelle et plus de maximum de SHON (Surface hors d’œuvre nette). Beaucoup de communes sont ouvertes à ce type d’évolution : c’est le cas de Civrieux mais aussi de Morancé. On a de ce fait des petites résidences locatives ou des résidences de copropriété en R+2 qui se construisent.

 






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