Selon le RICS, les crédits immobiliers ont nettement progressé dans le pays depuis un an.
Y’a-t-il une bulle du crédit au Brésil ? C'est en tout cas l'une des questions posées par l'un des derniers rapports de la RICS, et par de nombreux économistes, qui craignent qu’une bulle de crédit soit en train de se former dans le pays. Les chiffres du crédit qui vont être publiés cette semaine sont en effet très attendus, après la hausse de 1.3% sur le mois et de 21% sur un an glissant. A l’origine de ce mouvement, les banques « patronnées par le gouvernement » jouent un rôle essentiel, et notamment la Banque de Développement du Brésil. Cette dernière a vu une augmentation des crédits accordés de 23% sur les 12 derniers mois jusqu’en avril.
Le crédit immobilier, au cœur de la croissance du crédit
Le crédit immobilier est l’un des postes où la hausse est nettement visible, avec une progression de 48% sur l’année. Il est dopé en cela par les programmes gouvernementaux comme « Ma maison, ma vie ». Cette mesure, une sorte de PTZ brésilien, propose aux ménages modestes des prêts immobiliers, avec de faibles intérêts, ce qui cun facteur majeur dans cette forte croissance des prêts pour l’achat de logements.
La croissance du crédit dans l’immobilier brésilien ne se réduit toutefois pas aux prêts pour les ménages, mais également à la construction. Le secteur a enregistré une croissance de son financement de 38 % en rythme annuel en avril, porté notamment par l'activité croissante dans les grandes métropoles brésiliennes. En effet, de nombreux promoteurs sont attirés par la hausse continuelle des prix de l'immobilier dans les grandes villes du pays. Le RICS note ainsi que certains quartiers de Rio de Janeiro ont progressé de 80 % dans les trois dernières années, selon les agents immobiliers.
Vers une politique plus restrictive
Il faut dire que l'activité dans le pays est portée par une forte croissance des ménages solvables : le RICS note ainsi que le taux de brésiliens dont les revenus équivalent à 10 fois le salaire minimal a progressé de 50 % dans les huit dernières années.
Le RICS pense que « parler d’une bulle du crédit est prématuré ». En effet, les encours de crédit, rapporté au produit intérieur brut, restent à des niveaux tout à fait convenable, ressortant actuellement à 15 %. Dans les pays développés, ce taux est nettement supérieur, la dette des ménages britanniques étant par exemple de 100% du produit intérieur brut. Néanmoins, le RICS se veut vigilant et note qu'il existe cependant d'importants risques de défaut de paiement. Elle recommande notamment au principal comité de politique monétaire de mettre en place un cycle prolongé de restriction monétaire.
