La Comareg et Hebdoprint, les deux sociétés de presse gratuite du groupe GHM, ont été mis en liquidation judiciaire.
Ce fut l’un des fleurons de la presse en France. Le groupe Paruvendu a été placé aujourd’hui sous liquidation judiciaire par le tribunal de commerce de Lyon. A son apogée, le groupe fondé par Michel Moulin compte 280 éditions, est imprimé à plus de 19 millions d’exemplaires et emploie 3100 personnes. Il fonde sa réussite sur un pôle Rhône-Alpes très important, basé sur le succès antérieur de titres comme Bonjour le 69, le 42, ou encore le 74 Annemasse.
Mais le bouleversement qu’a connu la presse quotidienne avec l’arrivée d’Internet a également touché le secteur de la presse gratuite. Racheté dans les années 2000 par Robert Hersant, le groupe va connaitre un lent déclin. L’arrivée d’Internet chamboule le marché de la petite annonce : des sites comme Seloger.com dans l’immobilier puis des généralistes gratuits sur Internet vont progressivement grignoter des parts de marché au leader jusqu’ici incontesté de la petite annonce.
2008, l’année de la césure
C’est la crise de 2008, qui va précipiter la chute de la Comareg, avec, notamment, la montée en puissance de sites d’annonces gratuites comme leboncoin.fr ou vivastreet, qui proposent des annonces gratuites, avec rémunération sur la seule mise en avant de l’annonce sur les pages à plus fortes audience.
Résultat : l'activité du pôle presse gratuite du Groupe Hersant Média chute de 370 millions d'euros en 2008 à 277 millions l’année suivante et moins de 230 millions en 2010. Face à ces pertes, le groupe Hersant jette l’éponge. Après avoir « consacré 53 millions d'euros au soutien de la mutation de son pôle presse gratuite d'annonces depuis 2008 », un nouveau plan de sauvetage pourrait selone le groupe « mettre en péril ses activités dans la presse quotidienne régionale ».
Un an après le dépôt de bilan, c’est donc la liquidation qui a été prononcée Seul la Comareg et le centre d'impression Hebdoprint sont concernés par la décision de justice. 1650 salariés sont concernés par cette décision. Ils manifestaient, ce matin, avec des faux journaux titrés Paruvendu liquidé, devant le Tribunal de Commerce de Lyon, pour exiger des conditions de départ dignes.

C’est à cause de la bulle immobilière !!!