Le maire de Lyon a évoqué hier l'avancée des différents projets autour du réaménagement du quartier de la Part-Dieu.
A l’occasion hier du lancement de la dernière phase de la zone d’aménagement concertée de La Buire, le maire de Lyon a une fois de plus remis en perspective l’avenir de ce secteur au sein du quartier d’affaires de la Part-Dieu, amené à subir d’ici 2020 nombre de mutations. « Lorsque nous lancions ce quartier en 2001, c’était comme beaucoup d’autres sujets de l’agglomération un sujet difficile. Je me souviens que ce terrain était celui de la désolation : il y avait un carrossier qui trainait par là, et nous-même avions décidé d’y installer provisoirement la fourrière de Lyon » se souvenait ainsi l’édile. Avec la création de la ZAC, l’idée était donc de construire dans cette friche industrielle « un quartier soucieux de l’humain ».

« Une architecture forte »
Pour Gérard Collomb, l’urbain et l’humain sont d’ailleurs loin d’être antinomiques, évoquant à cette occasion la mémoire de Tony Garnier : « Lorsque l’on pense aux immeuble HLM des années 60 que l’on a créé, et aux immeubles HLM de Tony Garnier, dans les années 20, on se rend compte de ce qu’est une grande architecture. Un siècle après, ce sont encore des immeubles dans lesquels on a plaisir à pouvoir vivre et habiter. Penser l’urbain avec des pensées fortes, c’est aussi penser l’humain pour demain» » a déclaré Gérard Collomb.
En ce sens Franck Hammoutène, architecte du Velum mais aussi de l'Atelier Renault sur les Champs-Elysées, l'église de Notre-Dame-de-Pentecôte à la Défense ou encore l’extension de l’Hôtel de Ville de Marseille, répond parfaitement à cette ambition de l’urbain. « Nous aimons beaucoup que s’expriment sur Lyon des architectures fortes » a ainsi commenté Gérard Collomb, qui s’est félicité que l’exigence de la qualité environnementale ne se soit pas imposée au détriment de l’architecture.
« Une grande ambition »
« Le quartier est assez symptomatique de ce que nous faisons aujourd’hui » a indiqué Gérard Collomb, qui a rappelé le principe d’une mixité fonctionnelle (avec des immeubles de bureaux et des habitations) sociale (avec des une part importante de logement sociaux) mais aussi environnementale, avec le parc de 5000 m2 de la Buire, inauguré en 2009.

« Nous avons une grande ambition pour ce quartier » a ainsi lancé Gérard Collomb, évoquant le projet de réaménagement de la Part-Dieu. « On peut penser que ce quartier un quartier totalement construit, mais nous savons que la ville se reconstruit toujours sur la ville » note-t-il. « Un certain nombre d’immeubles sont devenus obsolètes. Il faut donc les requalifier, les régénérer » a indiqué le président du Grand Lyon, qui s’est félicité de la destruction de la tour Axa, inoccupée depuis une quinzaine d’année, pour reconstruire, à sa place, la tour Incity. « Comme nous ne voulons pas faire les choses au hasard, en fonction de l’opportunité, nous avons donc commencé depuis deux ans avec les équipes d’AUC (NDLR : le cabinet d’urbanisme en charge du projet de la Part Dieu) d’avoir un master plan, de manière à retransformer totalement ce quartier » a expliqué Gérard Collomb. « Le quartier a à la fois bien vieilli et mal vieilli. Sur sa conception, l’urbanisme de dalles n’est pas ce qu’on fait de plus mal dans l’urbanisme de ces années-là » note-t-il. Néanmoins, « il faut donner un coup de jeune à tout cela », a-t-il lancé, et notamment via la rénovation de la gare.
La question de la rénovation de la gare
Le Maire de Lyon a ainsi fait le point sur le débat du moment à propos de la Gare de la Part-Dieu. Gérard Collomb milite en effet pour une deuxième gare en souterrain, qui permettrait d’accueillir les TER, et qui laisserait la place libre aux TGV en surface. Une hypothèse qui permettrait de résoudre la question du nœud ferroviaire lyonnais. Le maire s’oppose sur ce sujet aux partisans de l’extension en surface, et notamment le long du boulevard Stalingrad : souhaitant conserver un potentiel foncier, et ne pas laisser trop de place aux voies ferrées, il estime néanmoins que cette idée de l’enfouissement, calqué sur l’exemple de Turin (où il s’était rendu fin septembre), commence à s’imposer.
Cette rénovation de la gare a ainsi vocation à s’insérer dans un projet plus global, qui va toucher à la fois la place centrale devant la gare, le centre commercial, ainsi que les différentes tours qui vont se développer dans les 15 ans à venir. Sur ces dernières, le projet d’AUC, et qui semble enthousiasmer Gérard Collomb, évoque une skyline répliquant la chaîne des Alpes.
Pour ne pas fabriquer un quartier sans vie, le maire pense en outre développer l’idée de ce qu’il appelle les « socles actifs». Pour éviter que le passant dans le quartier de la Part Dieu ne se trouve continuellement confronté à des bâtiments sans vie, l’idée du maire serait de réinsuffler une vie commerciale au pied des immeubles. De la même façon, le passant, qui, pour aller aux Brotteaux, doit effectuer un parcours semé d’embuches pourrait, à l’avenir, voir son trajet repensé, et facilité. La ligne C2 en provenance de Rillieux-La-Pape, qui s’arrête aujourd’hui à la Part Dieu, devrait ainsi se prolonger en direction de la Buire, passer devant le Vélum, et terminer son parcours au Parc Sergent Blandan, lui aussi en phase de réaménagement.
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