Pour Gilles Cecere, président de la FNAIM du Rhône, le nouveau gouvernement issu des urnes devra s’attaquer en premier lieu à l’instabilité fiscale.
Sur le marché immobilier en général, vous ne semblez pas céder au catastrophisme…
Sur d’autres régions de France, on peut être inquiet, mais sur Lyon, non. L’intérêt des gens porté pour l’agglomération de Lyon reste intact. Le classement réalisé au niveau national par l’APEC classe Lyon en tête des villes les plus attractives auprès des jeunes cadres et diplômés. Ça se ressent aussi au niveau des chiffres de l’immobilier. Toutefois, malgré cela, il y aura malgré tout moins de transactions en volume, aussi bien sur Lyon qu’ailleurs. Cela affectera le chiffre d’affaires de nos entreprises.
Comment voyez-vous les prochains mois ? Qu’attendez-vous de l’après-présidentielle ?
Mon souhait principal serait qu’il y ait une politique cohérente du logement en France, qui fixe des bases, et que l’on ne change plus tous les six mois de données fiscales. Maître Prohaszka, le président de la Chambre des Notaires du Rhône, a bien expliqué, lors de la conférence de presse précédent le salon de l’immobilier, qu’il y avait eu, en 2011, des projets de loi de finances tous les trois mois. Faut-il encore rappeler qu’il y a un an, nous parlions de taxer les plus-values sur les résidences principales… Pour notre part, à la FNAIM, nous demandons un statut de bailleur social privé, c’est-à-dire qu’il y ait des normes définies, et qui permettent d’appliquer une fiscalité qui soit la même pour tout le monde, notamment pour les investisseurs privés. Et tout cela dans une certaine stabilité… Deuxièmement, il faudrait une politique cohérente en matière de logement : les uns disent +30% de droits à construire, les autres qu’il faut encadrer les loyers : il faut arrêter… ce ne sont que des effets d’annonce. Concernant les droits à construire, il faudra que ce soit accepté par les collectivités locales, ce qui est loin d’être gagné. Quant à l’encadrement des loyers, on sait très bien que ça ne marche pas. Cela fait deux fois que les gens de gauche essayent de le faire. Même les associations de consommateurs les plus virulentes disent que c’est une bêtise sans nom. D’ailleurs on le voit bien : Lyon a beau être une ville très attractive, les loyers n’ont pas flambé pour autant, notamment par rapport à ce que l’on peut constater en Ile de France. Les loyers s’autorégulent. Un bien qui n’est pas à la valeur du marché ne se louera pas. Un appartement qui ne répond pas aux normes de qualité, notamment au niveau des charges, ne se louera pas, ou se louera moins cher qu’un appartement en bon état. Il faut arrêter de toujours vouloir penser à la place des gens : la raison l’emporte toujours !
Sur Lyon, le prix des loyers s’est d’ailleurs stabilisé depuis le début de l’année…
Oui. Nous avons un taux de vacance qui se situe entre 5% et 6%, ce qui est normal, voire même un peu limite pour une ville comme Lyon.
Sur la première et deuxième couronne, constate-t-on une baisse de la demande ?
Oui, il y a une baisse. D’ailleurs, les maisons ont plus baissé que les appartements en 2011. Cette évolution devrait être encore plus importante cette année, même si celle-ci sera nettement moins sensible sur des secteurs desservis par des axes routiers, ferroviaires ou de transports en commun. L’axe Vienne-Macon devrait être ainsi bien moins impacté que des secteurs comme le Haut Beaujolais ou des zones plus à l’Est en Isère. Le premier critère dans le choix d’un bien est en effet de n’être pas trop loin de son lieu de travail.
