<p>Guy Tessier, député, et président d’Euroméditerranée</p>
Député, maire des 9ème et 10ème arrondissements de Marseille, Guy Teissier est également le président d’Euroméditerranée, le grand projet de rénovation urbaine de la ville.
Cette démarche de venir visiter la ZAC Berthelot et la Confluence, est-ce pour venir trouver une peu d’inspiration pour Marseille ?
Oui bien sûr. Je préside un établissement public, Euroméditerranée, qui rénove la ville sur la ville et qui ressemble point pour point à ce qui se fait ici. Il est donc bon de regarder ce qui se fait chez nos voisins et amis, de regarder les points de convergence, mais également les choses sur lesquelles on peut peut-être innover et qui ont été initiées ici. On a toujours à apprendre des autres : c’est une bonne chose. J’ai d’ailleurs invité Gilles Buna et son collaborateur à venir à Marseille pour qu’ils puissent également prendre de l’inspiration, et notamment en matière de tour, puisque l’on vient de terminer celle du siège de la compagnie CMA CGM, avec une très belle signature architecturale. Il y en a trois qui sont en devenir, dont une - la H99 - qui est déjà assez avancée, et dont la particularité est d’être une tour à usage d’habitation.
Quelle est la part de tertiaire et de logement ? Comptez-vous mettre en relation le tertiaire et le logement de manière harmonieuse ?
Euroméditerranée se décline en deux temps : Euromed 1, qui représente environ 300 hectares de rénovation urbaine, a été initialement plus orienté vers un centre d’affaires et du tertiaire. Le logement n’était pas dominant. Nous avons une caractéristique assez agréable, nous conjuguons économie et culture, puisque Euromed 1 recèle en son sein tous les lieux culturels nouveaux dont Marseille se dote. Le musée national, le Mucem, se trouve notamment sur cet espace. C’est un enrichissement remarquable, qui sera un peu l’épicentre de Marseille Capitale de la culture. Euromed 2 sera beaucoup plus tourné vers l’habitat que ne l’était Euromed 1. On aura davantage d’espaces publics, et notamment un immense jardin public de 14 hectares, ce qui, dans une ville, est assez extraordinaire.
Quid des tours ?
Les trois tours en devenir sont, pour l’une d’entre elles, une tour à usage d’habitation, une autre à usage de bureaux, et une autre à usage d’hôtel.
Le marché des bureaux à Marseille a souffert l’an dernier. La livraison de plusieurs immeubles va-t-elle améliorer les choses ?
Oui, car il y a un besoin en grandes surfaces. Nous ne souffrons pas de trop plein. L’offre n’est pas aujourd’hui suffisante. Un immeuble de bureaux qui n’est pas encore sorti de terre a déjà été revendu deux fois.
Aujourd’hui, le tertiaire se vend donc bien sur Euroméditerranée ?
Oui. Mais il y a une partie d’Euroméditerranée qui n’est pas négligeable, c’est la rénovation de la Rue de la République, qui est une très vieille rue de Marseille, qui a été tracée par Napoléon III. Elle recèle de beaux immeubles haussmanniens, qui ont été conservés, et qui font l’objet d’une rénovation totale. On réinstalle dans ceux-ci du commerce de proximité, du logement social en grand nombre –presque 30% - et du logement étudiant. Car mon ambition, en tant que président, est que tous ces quartiers vivent quand la dernière secrétaire a éteint la lumière du dernier bureau. Il faut donc amener des jeunes, et nous travaillons de ce fait main dans la main avec l’université de Provence, qui souhaite installer tout le pôle économique sur Euromed.
