Pour Philippe Taboret, directeur général délégué de Cafpi, la mesure annoncée par Jean-Marc Ayrault la semaine dernière concernant le plafond du livret A devrait avoir un impact négatif.
Philippe Taboret rejoint Moody’s. Le directeur général délégué de Cafpi a, dans une tribune, indiqué craindre que le système bancaire français ne soit affecté par la mesure de relèvement du plafond du livret A annoncée la semaine dernière par le premier ministre, Jean-Marc Ayrault.
Alors que l’agence de notation avait indiqué que le relèvement du plafond de l’épargne aurait un impact négatif pour les banques, pour Philippe Taboret, « il est assez peu probable que l'abondement de l'épargne disponible soit considérable, et que la manne des HLM s'en trouve augmentée de façon significative ». Selon lui « il faudrait que les Français modifient leurs comportements vis-à-vis de ce produit d'épargne administrée, ce qui serait surprenant ».
Par ailleurs, concernant les freins à la construction sociale, « il ne faut qu'accessoirement les chercher du côté du financement, et bien plus du côté de la rareté foncière et de la disparité des volontés, des énergies et des compétences des organismes HLM. Sur la question foncière, on attend que l'Etat mobilise les terrains dont il est propriétaire et incite les collectivités locales et territoriales à faire de même, en ménageant un bon équilibre entre les constructions locatives sociales et l'offre de logements privés ».
Pour lui, la solution n’est donc pas dans celle qui est prise par le gouvernement. « On tombe simplement dans la facilité d'une disposition administrative rustique et autoritaire » lance-t-il . « Le péril est double : qu'on fasse croire à la nation que le cap des 150 000 constructions HLM par an sera atteint par cette voie, et que les produits d'épargne banalisés soient affaiblis » indique-t-il dans cette tribune. Il craint en outre que les supports privés, qui servent notamment à financer les PME et les ménages, notamment par le biais du crédit immobilier, ce qui reviendrait, selon lui, à déshabiller Pierre pour habiller Paul, « qui plus est sans vraiment vêtir le second contre les grands froids ».
Crédit Agricole a, pour sa part, indiqué ce matin, par la voix de son directeur général, que la réforme du plafond du livret A allait priver Crédit Agricole d'environ 3 milliards d’euros de liquidités dès 2013.
