<p>Christian Cleret, président de l'association des directeurs immobiliers (SDH/LPI). </p>
Christian Cléret, Président de l’Association des Directeurs Immobiliers (ADI), était la semaine dernière à Lyon, à l’occasion du colloque « Décideurs immobiliers, pourquoi choisir la métropole lyonnaise ». Entretien.
Combien d’adhérents représentent l’association des directeurs immobiliers au niveau national?
L’association des directeurs immobiliers représente 400 adhérents. Ces adhérents sont, dans la plus grande majorité des cas des directeurs immobiliers, et ont la responsabilité au sein de leurs entreprises, d’un parc immobilier d’environ 400 millions de mètres carrés, soit à peu près la moitié du parc immobilier national.
Il y a trois ans, vous avez créé une structure locale sur Lyon…
L’ADI existe depuis 1996. Mais elle a commencé son implantation régionale il y a trois ans en commençant par la région lyonnaise. Elle continue de s’implanter dans d’autres métropoles régionales, mais la délégation régionale lyonnaise est, de très loin, la plus importante.
Aujourd’hui, combien de directeurs immobiliers compte la délégation lyonnaise ?
C’est une trentaine d’adhérents dont la moitié de directeurs immobiliers, sachant que nous avons également des directeurs immobiliers de grandes entreprises nationales qui sont à Paris, mais qui disposent d’implantations à Lyon.
Le colloque était donc l’occasion de rassembler les acteurs locaux et nationaux…
Nous poursuivons plusieurs objectifs à travers ces manifestations. C’est d’abord faire vivre notre délégation régionale, de rassembler les membres de notre association et de permettre l’échange, mais c’est également de traiter de sujets de fond pour l’ensemble des adhérents. Parmi ces sujets de fond, il y a la question de la compréhension de l’évolution des territoires, la problématique des choix d’implantation pour les entreprises, ce qui est pour un directeur immobilier, une problématique majeure, tout comme la qualité des relations avec les collectivités locales.
Gérard Collomb est intervenu durant ce colloque pour présenter la stratégie tertiaire de l’agglomération. Existe-t-il une dynamique plus forte à Lyon que dans d’autres territoires pour attirer les entreprises au sein de l’agglomération ?
Il n’appartient pas à l’ADI de porter un jugement vis-à-vis de telle ou telle collectivité. Mais force est de constater que l’agglomération lyonnaise s’est imposée en France après Paris comme la capitale régionale européenne qui était sur le devant de la scène. Ceci à l’évidence résulte du dynamisme d’une équipe qui a su impulser un modèle, et une qualité de relation avec les entreprises qui a été soulignée. L’équipe qui est à la tête de cette agglomération manifeste une volonté, une énergie, une clairvoyance, une qualité de relation avec les directeurs immobiliers qui fait partie de ce que l’on peut observer de mieux sur le territoire.
Un certain nombre de projets sont en cours sur l’agglomération et notamment sur la Part Dieu. Toutefois ce secteur semble pâtir d’un manque d’offre neuve. Est-ce qu’à terme Lyon ne pourrait pas pâtir de cet état de fait ?
Lyon est une ville recherchée pour sa qualité de vie. Elle est recherchée par les entreprises pour son dynamisme économique et son rayonnement international. A la conjugaison de ces deux facteurs, on aimerait pouvoir trouver plus vite des locaux disponibles aux meilleurs standards du marché. La crise économique actuelle et la difficulté de financement des opérations retardent le lancement de programmes neufs que les directeurs immobiliers souhaiteraient voir sortir de terre un peu plus vite qu’ils ne sortent actuellement. Mais on dépasse là l’enjeu lyonnais.
Des immeubles qui sont presque tous commercialisés ne trouvent actuellement pas de financement. C’est quelque chose que vous ressentez au quotidien ?
Oui, c’est un problème de financement par les banques de l’ensemble des projets immobiliers, dans un climat de rareté de fonds propres pour les établissements, et d’inquiétude économique sur le moyen terme. Ceci se ressent dans toute la France.
Est-ce la conséquence de Bâle 3 ?
C’est à la fois la conséquence de la crise et la conséquence de Bâle 3, des problèmes de fonds propres du système bancaire, et de la concentration sur la problématique de minimisation du risque. Quand vous conjuguez tout cela, la mobilisation de financement sur une durée longue devient de plus en plus difficile…
