Le président de la FNAIM souhaite que cessent les ponctions fiscales sur le secteur immobilier.
Le président de la FNAIM, Jean François Buet, s’est, dans une tribune, alarmé de la baisse de 20% des ventes immobilières constatée en 2012. Selon lui, cette baisse menace « des dizaines de milliers d'emplois dans le bâtiment au titre de l'entretien et de la rénovation, et dans les services, agences immobilières et cabinets de gestion ».
Aussi répond-t-il par la négative à la question de savoir si la France pourrait vivre « avec 500 ou 550 000 ventes par an, alors que le rythme était de l'ordre de 800 000 depuis plusieurs années ». Selon Jean François Buet, le marché de la revente des logements est un marché de besoins, fait à 80% de mutations professionnelles, mariages, séparations, naissances, ou décès. « Si le marché était parvenu au rythme de 750 ou 800 000 opérations par an, c'est que c'était sa respiration naturelle » indique-t-il.
« On ne peut que comprendre que l'Etat exsangue ne puisse plus comme par le passé soutenir le secteur du logement, et que le logement doive prendre sa part à l'effort collectif de restauration des finances publiques » a indiqué le président de la FNAIM. Mais selon lui, « le gouvernement commet deux erreurs lourdes : il ne voit pas que la resolvabilisation par la modération des prix a déjà eu lieu, et qu'elle est même déjà à l'oeuvre à Paris, traditionnellement le dernier bastion de résistance, et il alourdit le fardeau fiscal sur l'immobilier sans aucune contrepartie ».
Dans les dernières lois de Finances, les gestes indélicats se sont même « multipliés, directs et indirects, à l'encontre de la propriété » indique le président de la FNAIM, citant notamment les révisions de la fiscalité sur les plus-values immobilières, alourdissement de l'ISF, réduction du plafonnement des niches fiscales, hausse du taux de TVA applicable aux travaux d'entretien et de rénovation, encadrement des loyers d'habitation, hausses des taxes foncières et d'habitation, et future révision des valeurs cadastrales.
Concernant les prix, Jean François Buet note qu'ils sont sur une pente de modération, et quoi qu'il en soit, avec un accès au crédit compliqué pour les ménages en dépit de taux bas, dans une période si éprouvante pour l'emploi, « comment la tendance ne se poursuivrait-elle pas ? » questionne-t-il.
Pour lui un effondrement des prix apparait improbable, abîmant purement et simplement l’économie, en vertu de l'effet patrimoine, par l’appauvrissement virtuel des ménages propriétaires d'un bien immobilier.
« Les 300 ou 350 000 transactions qui manquent à l'appel du marché, ce sont des familles qui vivent mal, dans des conditions inadaptées, ou loin de leur lieu de travail, ou séparées parce que leur recomposition ne peut se réaliser» affirme le président de la FNAIM.
« L'Etat ne peut pas prendre le seul parti de solliciter fiscalement et financièrement le logement, surtout s'il n'a pas les moyens de lui mettre du baume au coeur. Pas de PTZ dans l'ancien, pas de déductibilité, pas de TVA incitative, pas d'espace fiscal privilégié pour les plus-values, soit. Mais qu'au moins cesse cette pluie de mauvaises nouvelles, qui ont une conséquence terrible : priver la France d'un marché du logement démocratique » conclut Jean François Buet.
