<p>photo CC/ Ork.ch</p>
Selon la dernière édition du Swiss Real Estate Bubble Index, le risque de bulle immobilière reste élevé en Suisse. Et particulièrement à Genève et Lausanne.
Si l’on décrit souvent l’immobilier parisien comme l’un des plus exposé au risque d’éclatement d’une bulle immobilière, la dernière étude d’UBS fait également rentrer certaines villes de Suisse dans cette catégorie.
Chaque trimestre, UBS publie en effet une étude sur l’immobilier suisse, assortie d’un indice mesurant le risque de bulle immobilière dans le pays, l'UBS Swiss Real Estate Bubble Index. Et depuis quelques trimestres, celui-ci s’affiche en nette hausse. Alors qu’il n’était que de 0.40 au premier semestre 2011, celui-ci est passé, au quatrième trimestre 2012 à 1,11 point, contre 1.02 au troisième trimestre. Un plus haut depuis le début des années 1990.
Moindre corrélation par rapport aux revenus
« La demande de biens immobiliers de la part des investisseurs reste élevée, les prix des maisons sont de plus en plus découplés des revenus et l'endettement continue à augmenter » s’alarme ainsi dans son étude publiée ce lundi. « Le groupe des régions sous monitoring s'agrandit du canton d'Appenzell Rhodes-Intérieures, de Lucerne et du Prättigau » note la banque.
Selon elle, « l’indice se situe nettement dans la zone à risque, et confirme l’accroissement des déséquilibres sur le marché » résidentiel. « L'intérêt ininterrompu des investisseurs pour les biens immobiliers, qui se reflète dans les très nombreuses demandes de crédit pour des immeubles non destinés à l'usage propre, est frappant. Le niveau toujours historiquement bas des taux contribue aussi à faire grimper les autres indicateurs. Les crédits avantageux modifient le rapport des coûts entre l'achat et la location, font apparaître les biens immobiliers avantageux par rapport aux revenus et contribuent à augmenter le taux d'endettement des ménages» note l’UBS.
6 ans de revenus pour acheter
La banque note ainsi qu’un ménage moyen doit désormais consacrer l'équivalent de six revenus annuels du ménage pour un achat immobilier, contre 5,9 le trimestre précédemment. Depuis 2000, époque où il fallait quatre revenus annuels au début de l'année 2000, « les prix des logements n'ont cessé d'augmenter davantage que les revenus » déplore la banque.
Fait également inquiétant, les crédits destinés à l’investissement tendent en outre à augmenter. « Le nombre de demandes de crédit pour des immeubles non destinés à l'usage propre a atteint un nouveau record au 4e trimestre 2012. Actuellement, 22,3% des demandes de crédit concernent des objets non destinés à un usage propre direct, contre 21,4% au trimestre précédent » note UBS.
Parmi les agglomérations les plus risquées, Genève reste le marché immobilier le plus risqué, tout comme les région de Nyon, Lausanne, Morges et Vauvey. Parmi les autres régions à risque, on trouve bien sûr Zurich mais aussi Davos.
