DCB International a présenté jeudi lors de son inauguration le Milkyway, un immeuble éco-rénové.
C’est jeudi dernier que Didier Caudard Breille, président du groupe DCB International, inaugurait sa dernière opération immobilière, le Milkyway, en présence du président du Grand Lyon, Gérard Collomb, et de l’investisseur, Bruno Keller, Président du Directoire d'ANF Immobilier.
L’immeuble, ancien siège de Candia, avait été érigé dans les années 80 et ne répondait plus aux besoins des utilisateurs en termes de confort, de qualité de travail. Il s’agit de la deuxième expérience du groupe DCB avec le cabinet d’architecture AFAA, après l’expérience du Celtic Parc de Limonest. Damien Poyet, l’artisan de cette rénovation, décrit comme point de départ un bâtiment banal des années 80, en état d’obsolescence. « Un immeuble pourri » dixit Didier Caudard Breille, tant du point de vue énergétique qu’au niveau des espaces de travail. « On n’avait vraiment pas envie d’y travailler» lance le promoteur.
Potentiel

Pourtant le potentiel est là. La destruction est au départ « une question qu’on s’est posée » avoue Didier Caudard Breille. Mais très vite, celle-ci est écartée, au profit d’une réflexion d’éco responsabilité. « L’organisation globale de l’immeuble nous paraissait pouvoir subir une transformation moderne » affirme-t-il.
« Je sentais qu’il y avait quelque chose à faire» avoue pour sa part l’architecte Damien Poyet, qui perçoit vite la nécessité de redonner une seconde vie au bâtiment. Commence dès lors une série d’études sur la structure du bâtiment. « Pour tout acte chirurgical il faut connaitre l’anatomie du patient » explique-t-il. La structure, l’implantation sur le cours Suchet, les bâtiments de logements existants créant des masques et protection naturels sont scrutés. Très vite des lignes directrices sont tracées : il faut conserver le squelette, donner une nouvelle « peau » au bâtiment, tout en simplifiant la volumétrie. Et bien sûr, redonner une façade contemporaine au bâtiment.
Nouvelles interfaces
Pour autant, il ne s’agit pas ici de « maquiller » l’existant mais bien de redonner à ce bâtiment toutes les qualités d’un immeuble neuf. La volumétrie, complexe, est donc épurée en donnant au bâtiment un premier habillage en verre émaillé, ce qui permettait de redonner une nouvelle image au bâtiment. Entre cette nouvelle peau et le bâtiment existant, des espaces ont été glissés – balcons, terrasses - qui ont nécessité des ajouts de charpente.
Ces nouvelles « interfaces urbaines » offrent pour l’architecte plusieurs avantages: ils donnent des terrasses aux espaces de travail, et affichent de l’extérieur la vie du bâtiment. Didier Caudard Breille voit dans ces espaces « une dimension nouvelle apportée » pour le bien être au travail, Damien Poyet renchérissant en indiquant que « le bâtiment tertiaire était le parent pauvre de l’architecture dans les années 90».
Une éco rénovation exemplaire
Dans cette opération, la notion d’éco-rénovation s’est faite à plusieurs niveaux. D’abord, une sur-isolation. Un gros travail en outre a été réalisé sur la découpe du béton. En témoigne ainsi le Hall d’entrée, étriqué, auquel l’architecte a redonné de l’espace et de la lumière, via une ouverture élargie sur le fond du bâtiment, mais également par des jeux de miroirs sur le plafond de cet espace. Ce travail de découpe, réalisé sur plusieurs points du bâtiment, a permis de dégager de grandes ouvertures, diminuant l’éclairage artificiel à l’intérieur du bâtiment, réduisant de fait sa consommation énergétique.

Le choix des matériaux, comme le verre émaillé, s’est également fait en fonction de l’économie en gaz à effet de serre, tant au niveau de la production que de l’acheminement, qui se fait via des circuits les plus courts possibles. Les matériaux sont ainsi d’origine locale, voire, dans le pire des cas, européenne. L'habillage de la façade a également été coloré, à l'aide de matériaux glissés derrière le verre.
Plus loin que le BBC
Au final, le bâtiment va plus loin que la certification BBC, poussant le recyclage des matériaux à 80% notamment sur le bois et la ferraille. Le choix de la société de recyclage des matériaux, Tribat, s’est aussi fait sur des choix environnementaux, celle-ci disposant de filière de revalorisation de chacun des matériaux. L’architecte souligne également la satisfaction d’avoir réalisé un chantier sans casse : « un beau bâtiment commence par un beau chantier » affirme Damien Poyet.
La performance énergétique a aussi été réalisée par le changement de l’appareillage électrique, avec une protection automatique sur la façade sud. Le bâtiment dispose désormais d’une très bonne étanchéité thermique, bien au-delà du label. En outre, l’architecte souligne la présence de matériaux sains, les peintures étant notamment sans COV.
Après cette inauguration, un accompagnement utilisateur est prévu, via notamment un écran dans le hall affichant la consommation globale du bâtiment. En outre, un guide des bonnes pratiques sera distribué, dans une logique didactique et pédagogique auprès de l’utilisateur.
Au final, le bâtiment dépasse de plus de 50% les objectifs de la BBC rénovation en RT2005, ce qui « équivaut quasiment à un BBC » se targue Thomas Laquerriere, du bureau d’études SE&ME. Avec une division par 4 la consommation, l’immeuble atteint en effet 47 kw heure par an de consommation d’énergie primaire.
