« Les indicateurs continuent de se dégrader »

Marc Uhry est le délégué régional de la fondation Abbé Pierre. Quelques semaines après la présentation du rapport de la fondation en Rhône-Alpes, et au lendemain de la fin de la trêve hivernale, il nous explique la situation très tendue sur le front du mal logement en Rhône-Alpes.

Vous avez été assez critiques avec Rhône-Alpes cette année, à l’occasion de la publication de votre rapport régional annuel sur le mal logement… Pourquoi ce changement de ton par rapport aux années précédentes?

Nous avons essayé de plus nous comparer avec les autres régions. Nous avions jusqu’ici une hausse de la production sur les dernières années, qui s’est ralentie. Ceci n’est pas, certes, pas propre à Rhône-Alpes. La situation sur ce point est comparable aux autres régions de France. Lorsque l’on compare les politiques sociales de l’habitat et de solidarité, et des indicateurs comme le stock de logements sociaux, la production neuve, le nombre d’attribution, les taux de vacance, la consommation des produits de l’ANAH, l’équipement en structure d’hébergement, Rhône Alpes est dans la moyenne nationale. Mais ce n’est pas du tout l’idée que l’on s’en fait habituellement : on croit que la région dispose d’un gros secteur associatif, et nombre de collectivités territoriales s’affichent comme étant très volontaires. Mais si on ne peut pas contester l’intention, on peut critiquer l’échelle de l’intervention. Ce ne sont pas, sur certaines collectivités, la production de 200 logements en plus qui vont changer la donne.

Sur cette seule année écoulée, on observe donc une nouvelle dégradation de la situation du mal logement?

On a à la fois ces phénomènes systémiques sur les classes moyennes basses. En dessous, nous avons un décrochage des classes populaires avec une augmentation du nombre des expulsions, notamment sur la Savoie, et la Loire, avec des hausses de 16% sur ces deux départements. Les demandes de logement social ont beaucoup augmenté depuis 5 ans, les 115 ont du mal à répondre en matière d’urgence sociale. Donc au final, les indicateurs continuent à se dégrader. Au niveau du filet de sécurité sociale et de l’urgence, nous voyons une balkanisation des acteurs. Nous ne pouvons pas produire une garantie de plein exercice des droits dans un tel système. L’Etat ne peut avoir un réseau d’outil face à cette pléthore d’acteurs, lui permettant d’assumer ses obligations. Nous avons sur les listes d’hébergement d’urgence 260 personnes inscrites sur le 115, soit des gens en attente de ce qui est une liberté fondamentale au sens du conseil d’Etat.

Nous sommes sur une saturation qui est plus forte que les autres années par rapport aux dernières années. Nous voyons des changements de nature, avec des mouvements démographiques et la question des structures familiales, qui pose des questions sur l’organisation de notre solvabilisation. Dans une vie, en partant tard de chez ses parents et en les retrouvant pas si tard que cela pour s’occuper d’eux, on passe plus de temps avec ses parents qu’avec son conjoint. L’organisation du calcul de l’allocation logement ne tient en outre pas compte de la fluidité du travail, des risques particuliers de personnes seules. Nous avons des réponses adaptées à des problématiques sociales des années 80 : nous sommes en train de répondre aux nouveaux pauvres. On voit bien que nous sommes là aussi en retard d’une crise. La baisse de la TVA du logement social qui représente quelque centaines de millions d’euros va par exemple représenter à peine 20.000 à 25.000 logements. Les bailleurs sociaux, qui ont beaucoup acheté en VEFA, n’ont en outre pas les outils pour produire. Donc si la production de la promotion baisse, la production HLM baissera. Pour voir la totalité de l'article (1802 mots), abonnez-vous ou identifiez-vous






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Commentaires

Ou en est on des centaines de logements de fonction inoccupés depuis plusieurs années et qui se dégradent ??????

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Il ne faut pas en parler : c’est tabou.

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en quoi une chut des rix est une « degradation »?

fautt oujours que ces pros de l’immo prennnent les choses du mauvais coté…

lol

au fit chers pros de l’immo, on annoonce un « atterissage en douceur » (et profondeur…lol) de moins 7% en mai! Oui vous avez bien lu: moins 7% !!

non non ca baisse pas…. l’immo est une valeur refuge ahahhahhhaha moins 7 les gars moins 7!!

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Il y a des fois, Tony, je me demande si tu lis l’interview… Car à part faire le malin et tailler les pros, je vois pas trop ton argumentation….

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Cher gégé, je suis tellement habitué a ce qu’ils interview toujours les memes gugus pros de l’immos haussiers que jai meme pas vu que cetait un gars de la fondation abbé Pierre! lol

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