Une femme de 70 ans a été retrouvée pendue à Vénissieux ce matin. Michèle Picard, la maire de Vénissieux, a immédiatement relancé le débat sur les expulsions locatives.
Une femme de 70 ans s’est suicidée ce matin, dans le centre-ville de Vénissieux. La police devait procéder ce matin à l’expulsion locative de cette personne, décidée par décision judiciaire du 6 octobre 2011.
La maire de Vénissieux, Michèle Picard, a immédiatement réagi, en fustigeant une fois de plus le principe des expulsions locatives, qu’elle avait, comme chaque année dénoncé, à l’occasion de la signature d’arrêtés anti-expulsions le 15 mars , invalidés un mois plus tard par la justice administrative.
«L’horreur est face à nous»
« Je suis atterrée, révoltée, tourmentée par tous ces drames qui se succèdent. Déjà en 2011 à Vénissieux, une femme avait menacé de se défenestrer, lors de son expulsion. Depuis 4 ans, je n’ai de cesse d’alerter sur les conséquences dramatiques que peuvent engendrer les expulsions. Aujourd’hui, l’horreur est face à nous » s’est émue la maire de Vénissieux dans un communiqué.
Pour la préfecture, « le propriétaire du logement qu’elle occupait lui avait donné congé pour réaliser sa mise en vente au 31 décembre 2010. Plusieurs offres de logement de substitution lui avait été faîtes et elles ont toutes été refusées, alors même qu’elles étaient situées dans le même immeuble ».
Une personne « isolée et fragilisée »
Le concours de la force publique à l’appui de la décision de justice a été demandé au préfet par l’huissier le 19 juillet 2012. Il avait été accordé le 14 février 2013 alors que cette personne n’avait pas répondu aux convocations du commissariat pour faire le point de sa situation et n’avait donné suite à aucune demande de contact de la part des services sociaux.
« Le Préfet du Rhône avait autorisé le concours de la force publique pour procéder à l’expulsion à compter du 18 mars. Informés de cette décision dès le 14 février dernier, nos services avaient contacté cette personne par courrier, dès le 25 février, pour étudier les possibilités d’intervention auprès de son bailleur privé » indique la maire de Vénissieux. Mais la personne ne s’était pas rendue au rendez-vous qui lui avait été fixé. « Si elle était inconnue de nos services jusque-là, sa situation isolée et fragilisée faisait l’objet d’un suivi par les services du Conseil général et une mesure de protection était en cours » a précisé Michèle Picard dans un communiqué.
Un nombre d’interventions des forces de l’ordre en baisse
Le préfet rappelle lui l’important travail réalisé pour prévenir les expulsions locatives, ce travail devant être mené, le plus en amont possible, « avec l’ensemble des partenaires intéressés pour éviter que l’on en arrive à une décision judiciaire et, a fortiori, à son exécution contrainte ». « Compte tenu de ce travail partenarial près de 85 % des demandes de concours de la force publique ne donnent pas lieu à une intervention des forces de l’ordre » rappelle-t-il.
Aussi, malgré la baisse du nombre de décisions dans le Rhône accordant le concours de la force publique depuis 3 ans, passant de 1440 an 2010 à 1248 en 2011 et à 1081 en 2012, 256 ont été suivies d’effet en 2012. « Les indemnités versées par l’Etat au propriétaire en raison du refus du concours de la force publique ont été multipliées par 10 de 2011 à 2012 » précise la préfecture.
