La déclaration de Michèle Picard à propos du suicide d’un femme menacée d’expulsion

Voici la déclaration de Michèle Picard, maire de Vénissieux, suite au suicide d'une femme menacée d'expulsion locative dans sa commune.

La spirale de l’exclusion a fait une nouvelle victime. Une Vénissiane s’est pendue dans son logement, brisée par une menace d’expulsion mise en exécution ce matin. Une pression de trop pour une vie devenue insupportable. La première expulsion réalisée depuis la suspension de mes arrêtés, le 16 avril 2013, se termine par un suicide. Voilà l’atroce réalité de la détresse humaine et du désespoir…

Le Préfet du Rhône avait autorisé le concours de la force publique pour procéder à l’expulsion à compter du 18 mars. Informés de cette décision dès le 14 février dernier, nos services avaient contacté cette personne par courrier, dès le 25 février, pour étudier les possibilités d’intervention auprès de son bailleur privé. Un rendez-vous avait été fixé, auquel elle ne s’est pas présentée. Si elle était inconnue de nos services jusque là, sa situation isolée et fragilisée faisait l’objet d’un suivi par les services du Conseil général et une mesure de protection était en cours. Ce nouveau drame sera sans doute traité dans la rubrique « faits divers » dès demain et rangé aux oubliettes le surlendemain, enseveli sous un flot de nouvelles actualités. Je le refuse. Quelle société peut permettre que des femmes, des hommes meurent dans l’indifférence quasi générale ?

Je suis atterrée, révoltée, tourmentée par tous ces drames qui se succèdent. Déjà en 2011 à Vénissieux, une femme avait menacé de se défenestrer, lors de son expulsion. Depuis 4 ans, je n’ai de cesse d’alerter sur les conséquences dramatiques que peuvent engendrer les expulsions. Aujourd’hui, l’horreur est face à nous. Après cette tragédie, j’espère que cette réalité sociale que je décris inlassablement, parce que j’y suis confrontée au quotidien, provoquera une prise de conscience collective et qu’enfin cela cesse. Depuis 2010, je prends des arrêtés interdisant sur ma commune les expulsions locatives, les coupures d’eau et d’énergies, les saisies mobilières. Des arrêtés travaillés, argumentés sérieusement, avec l’espoir de faire évoluer la justice pour en finir avec ces pratiques inhumaines. Un acte qui n’a rien d’une formalité, mais un acte de résistance, un engagement et une bataille pour la dignité humaine. En tant que maire, j’assume pleinement mes responsabilités. Il est de mon devoir d’interpeller, de dénoncer et d’alerter, comme d’assurer la sécurité de mes concitoyens. C'est un combat juste et légitime. Des droits inscrits dans la Constitution sont bafoués. L'État ne remplit plus ses missions régaliennes.

Si ce ne sont pas les maires, élus de la République, qui dénoncent cela, qui le fera ? " Ces mêmes maires, en première ligne, qui comme moi aujourd’hui, sont confrontés à la mort violente d’une habitante. Plus que jamais, je suis déterminée à me battre pour l’intégrité et la dignité des personnes. Combien de vies sacrifiées faudra-t-il pour que les pouvoirs publics assument enfin leurs responsabilités et agissent face à cette urgence sociale ? Ce matin, l’atteinte à la dignité humaine est à son paroxysme. Les seuils de l’inacceptable aussi. Comptez sur moi pour poursuivre ce combat !






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Commentaires

J’ai 14 ans et je souhaite dire que c’est une honte d’expulser ces personnes. Elles ne peuvent atterrir dans la rue, elles ne le supporteraient pas. Le suicide est pour elles le moyen de montrer qu’elles ne sont pas d’accord.
Elles ont besoin de ce logement et c’est un besoin vital.
La République doit donner accès à un logement à tous, on en est bien loin. Leur retirer leur logement c’est retirer leur vie. Elles s’euthanasient elles-mêmes.
L’homme ne peut comprendre la souffrance tant qu’il n’y a pas l’argent derrière.
L’argent le moteur de ce pauvre monde.
Et des scandales comme cela, des suicides d’enfants ou d’adultes ils ne vont pas baisser car l’État n’a pas l’argent nécessaire pour aider, aimer et soulager la souffrance de son peuple. Nous sommes en crise et il faut tout limiter, les dépenses d’argent en premier. Je vais vous dire :
Allez voir les hôpitaux, voir si les personnes âgées sont bien traitées et vous en reviendrez choqué.
Les personnes âgées sont comme le bétail qui donné tout son lait. Ils ne servent plus à rien. Sauf si l’on s’appelle Picasso, Renoir ou même Victor Hugo.
Vous me répondrez eux au moins ont fait quelque chose de leur vie. Oui, mais Picasso dans les années 1900 il vendait ses toiles pour une bouchée de pain avant de devenir célèbre, il lui fallait survivre !
Et au nom que ces personnes âgées n’aient rien fait dans leur vie quelque chose de remarquable vous les laissez mourir ! Alors qu’elles en ont fait une de chose remarquable : elles ont servi l’État en travaillant pendant 40 ans ou plus et après vous me dites qu’elles n’ont pas le droit d’avoir une retraite correcte ?
C’est que vous n’avez rien compris et je suis désolée mais tout être humain qu’il vienne de naître et jusqu’à sa mort a le droit a ce que l’on s’occupe de lui.
Voilà, Lola Lune est un pseudo, je resterai pour l’instant dans l’anonymat mais pour toutes les personnes qui maltraitent les autres, je demande comment vous pouvez vous regarder dans une glace sans vous dire que vous êtes un c** car le respect de l’autre est la survie de l’espèce. Merci

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