L'agglomération lyonnaise a consommé en 2012 7, 750 Gigawatt/heure, selon les statistiques du bilan 2012 établi par ERDF, gestionnaire du réseau de distribution d'électricité pour le compte des collectivités. Cette consommation a augmenté de 2% par rapport à 2011, à un rythme supérieur au rythme d'accroissement de la consommation électrique en Rhône-Alpes, plus 1%.
Cette augmentation reflète l'accroissement de la population dans la métropole et l'accroissement de l'activité économique. Cet accroissement est confirmé par le nombre des raccordements pour des consommateurs d'électricité. ERDF a réalisé 14 800 raccordements, dont 14 300 pour des clients demandant une puissance de moins de 36 KWA, c'est à dire des clients particuliers ou petit tertiaire. Seuls 500 clients ont demandé une puissance de plus de 36 KWA.
125 producteurs photovoltaïques seulement en 2012
Du côté de la production, ERDF gère l'injection sur le réseau de 2 766 producteurs. Vingt cinq producteurs sont des producteurs importants: la centrale EDF hydraulique au fil de l'eau de CUSSET sur le canal de Jonage, les deux usines de cogénération incinérant des déchets ménagers de Gerland et de Rillieux la Pape, la centrale Dalkia du cours Lafayette à Lyon.
Plus de 2700 producteurs sont des producteurs photovoltaïques, injectant dans la très grande majorité des cas une puissance inférieure à 3 KW. En 2012, ERDF a raccordé 125 producteurs, un niveau en net retrait par rapport au nombre des raccordements réalisés en 2010 et 2011.
Quel équilibre pour le territoire?
Alors que le débat sur la transition énergétique va bientôt s'achever il est intéressant de faire le point sur le bilan électrique de l'agglomération lyonnaise, pour situer l'agglomération dans le contexte global. Il est intéressant de comparer les besoins en électricité d'une métropole, alors que des démarches tendent à faire émerger des territoires à énergie positive ( TEPOS)
La consommation de 7,750 Gigawatt/heure de l'agglomération en 2012, représente en gros la production de source d'énergie fournissant une puissance de 1000 W pendant 322 jours.
C'est davantage que la production d'une réacteur de 900 MW pendant une année ( six jours par semaine). C'est plus que la production d'un réacteur de Bugey ( 900 MW). Un réacteur nucléaire n'est disponible qu'environ à hauteur de 85% à 90% de sa puissance nominale. Il doit être arrêté en cas d'incident, pour rechargement de combustible, etc.
Un territoire largement négatif
Néanmoins, il présente une disponibilité largement supérieure à celle des installations éoliennes ou photovoltaïques intermittentes. La disponibilité de ces installations ne dépasse pas 20% sur l'année.
Le territoire de l'agglomération lyonnaise est un territoire largement négatif pour l'électricité. Le développement futur devra insister sur les économies d'électricité, alors que certains usages sont envisagés , par exemple pour la mobilité.
L'alimentation en énergies renouvelables n'est envisagée par personne dans le court terme. En effet dans l'absolu, il faudrait disposer ( d'une manière grossière) d'une puissance installée de 5 000 MW pour envisager d'alimenter l'agglomération. Ce qui est impossible avec l'éolien et le photovoltaïque seuls. P
our une alimentation renouvelable de l'agglomération lyonnaise, il faudrait d'abord réduire fortement la consommation. Or, le développement de modes de transport électriques, comme le développement des technologies de l'information vont accroitre la consommation d'électricité. La production d'énergie renouvelable ne pourrait venir que de la combustion du bois, ou de la combustion de gaz méthane ou de bois gazéifié. Des travaux sont menés dans ce sens. Mais il faudra encore du temps. Le Grand Lyon sera durablement un territoire à énergie négative.
